‹ Histoire générale des Hongrois (tome 1)Chapitre 121 sur 179 · Cronica Sanese, dans Muratori, XV · texte numérisé non relu

Cronica Sanese, dans Muratori, XV

3. Texte assez important, tiré des archives de Teschen par M. Wenzel (II, 230). « Nec Yestram lateat Sanctilatem, quod heri » fui pro parte regis Ungariæ requisitus, et pro ejus mihi fuit parte » oblatum, dare mihi in quolibet meo exercitu quingentos équités » stipendiis ejus, quoties mihi existeret opportunum, et quod pla- » ceret mihi, quod ipse posset stipendiare in urbe mille équités » quos volebat... Ego vero id nolui acceptare, imo renunliavi ex- » presse, et favi alteri parti, et favebo in posterum ob vestri reve- » rentiam juxta posse... »

LA MAISON D’ANJOU

qu’on appelait, après tant d’autres, le libérateur de l’Italie : c’était dans la funeste ville d’Aversa. Louis le Grand lui fit d’abord bon accueil; mais il réunit secrètement ses conseillers pour leur déclarer que sa complicité était évidente, attestée par l'archevêque de Naples; il n’eut pas de peine à obtenir d’eux une sentence de mort. Dans la soirée du 23 janvier, le souper se prolongea fort tard; un serviteur de Durazzo, qui déjà l'avait inutilement averti, s’approcha de lui pour l’engager à fuir, mais sans plus de succès. Enfin le roi jetant le masque, éclata en reproches, en accusations terribles. Durazzo fut entraîné sur le balcon où le malheureux André avait trouvé la mort, et massacré, non sans d’horribles mutilations, suivant une chronique h

Louis le Grand, après cette sorte d’exécution, qui est restée une tache pour sa mémoire, continua sa marche rapide sur Naples. « Il était à cheval jour et nuit, dit la chronique de » Sienne, il semblait courir, crevant les chevaux sur la route » pour arriver plus tôt. » Mais une fois à Naples, il ne trouva que des complices obscurs sur lesquels exercer sa colère. Bientôt ses préoccupations changèrent de nature : à la vengeance succéda l’ambition. Il se regarda comme l’héritier de son frère, ne reconnaissant à l’enfant issu de Jeanne, et qui devait mourir peu après, que le titre de duc de Calabre. Ce petit prince, Robert de Tarente et d’autres membres de la famille royale , furent les uns mis sous bonne garde, les

1. D’après la chronique d’Este, déjà citée, le roi aurait donné luimême le signal d’horribles mutilations sur le corps de Charles de Durazzo ; mais ce récit, chargé de détails invraisemblables, n’a pas l’autorité de celui de Villani ou de celui de Gravina (ce dernier gâté par un discours dans toutes les règles, qu’il met dans la bouche de Louis le Grand) .

autres envoyés en Hongrie. Louis se mit à gouverner comme roi de Sicile et de Jérusalem, malgré les reproches du pape. Les actes nombreux dus à sa courte administration, témoignent de son activité, notamment quant à l’école de théologie qui florissait dans la capitale1. Une sévère discipline

régnait dans son armée : « Il maintenait une grande justice, » dit Villani, sur cette nation barbare, au milieu de laquelle » il était né, et ne souffrait pas que ces hommes fissent le » moindre outrage aux habitants2. »

Mais tout changea lorsque diverses inquiétudes l’eurent décidé à retourner dans ses Etats. Les Italiens ont conservé un mauvais souvenir des troupes qu’il laissait après son départ. Gravina nous décrit le pillage d’une petite ville, dans un langage évidemment rempli de réminiscences classiques3, mais sous les conventions du style, on aperçoit des faits incontestables, confirmés d’ailleurs par tous les témoignages contemporains. Un des plus curieux se présente sous la forme d’une légende : tel des guerriers de Louis le Grand aurait tué deux cent cinquante personnes dans l’expédition de Naples, et, torturé par les remords, n’aurait trouvé le repos de sa conscience, que dans un pèlerinage en Irlande, au purgatoire de Saint-Patrik 4. Aussi la plupart

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