‹ Histoire générale des Hongrois (tome 1)Chapitre 124 sur 179 · Villani, — Pray dit signifer ecclesûr · texte numérisé non relu

Villani, — Pray dit signifer ecclesûr

LA MAISON D’ANJOU

toire. La seule Trévise, bien, défendue par Gavalli , dut être régulièrement assiégée. Les Hongrois n’avaient jamais excellé dans cette sorte de lentes opérations militaires; mais alors ils réussirent à lutter d’opiniâtreté contre les tacticiens italiens. Lorsque Louis retourna dans son royaume, le siège fut continué par Thomas Monozlai, qui fit échouer toutes les sorties des Trévisans 1 . Le péril devenait extrême pour Venise.

En même temps elle perdait cette même côte dalmate qui était l’enjeu de toutes les hostilités. Elle ne pouvait plus y entretenir des troupes suffisantes, et chaque jour elle apprenait la perte d’une nouvelle ville, finalement celle deZara. J1 fallut bien traiter (1358) avec Louis le Grand, qui abandonna volontiers ses conquêtes en Italie contre la possession définitive de la Dalmatie tout entière. Le moment où nous sommes arrivés est un des moments les plus glorieux de l’histoire des Hongrois : ils possèdent ce qu’ils avaient toujours ardemment désiré, ce qui était indispensable à l’indépendance de leur commerce, la mer avec des ports excellents. Ils ne négligèrent rien pour les améliorer encore, pour s’attacher Zara et les autres villes en confirmant et en augmentant leurs privilèges, pour avoir un rivage à eux, une flotte à eux.

Les schismatiques et les hérétiques paraissaient oubliés ; ils ne l’étaient pas. Le roi de Hongrie n’avait jamais renoncé à les combattre; il pouvait même soutenir qu’il avait commencé x^ar Venise afin d’être plus sûr de réduire les Slaves méridionaux , comme il avait déjà réduit la Vaiaehie au début de son règne. Urosch, fils de Duschan, mort récemment, fut vaincu, obligé de rendre les territoires hongrois

i. Villani, 375-48D.

dont s’était emparé son père, et de reconnaître la suprématie de la couronne de Saint-Etienne ; mais le schisme ne put être atteint aussi directement de ce côté que dans le banat de Bosnie, où s’exerça l’intolérance de Louis victorieux. Une partie de la population, les Patarins surtout, s’enfuyait dans les montagnes *. La terreur se répandit au loin, si bien que les Valaques établis dans les Karpathes, dans le comitat de Marmaros, passèrent en Moldavie, où ils ne subissaient qu’indirectement la souveraineté hongroise. Une colonie ruthène prit leur place, mais elle aussi appartenait à l’Eglise d’Orient.

Le roi était tout à fait réconcilié avec la cour de Rome, qui maintenant l’appelait en Italie au lieu de l’en écarter. Un corps de cavalerie, commandé par Nicolas Laczfi, fut envoyé au cardinal Àlbornoz pour le soutenir dans sa lutte contre Barnabé Visconti (1360). Le Pape retirade ce secours les plus grands avantages, et en témoigna vivement sa reconnaissance, pendant que les populations de Parme et de Modône étaient loin de se féliciter du passage des Magyars 1 2, et que les Florentins se promettaient de ne jDas accepter leur appui. Louis d’Anjou était devenu le soldat de l’Eglise, et quelques-uns des électeurs songèrent à lui pour renverser l’empereur Charles IV. Cette idée était d’autant plus naturelle qu’il n’avait jamais aimé les Luxembourg, et que Charles venait de le blesser par quelques propos sur la reine -mère Elisabeth. Mais il était guéri des expéditions chimériques et

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