Villani, p. 5G
2. Clironicon mutinense , dans Muratori, XV, G31 : Undique disrO bando... et opéra nefaria perpelrando. etc., ce qui est confirmé par la Chron. Sanese , p. 170 : Quest i Ungari fero gran danno in quel di Farm a .
LA MAISON D’ANJOU
stériles, surtout depuis qu’il eu avait accompli de très-profitables. Il aima mieux se borner à tenir en échec, par un système d’alliances avec les petits princes d’Italie, de Bavière et d’Autriche, d’une part l’Empereur, de l’autre Venise et les Visconti. Toutefois, s’il ne visait point à l’Empire, il n’avait pas renoncé à toute prétention sur la succession éventuelle de Naples. C’était même un des motifs de son alliance avec la papauté ; mais celle-ci, rétablie un peu plus tard à Rome, n’accorda jamais que des encouragements évasifs1 à ce projet, dont l’accomplissement aurait donné au Saint-Siège un voisin beaucoup trop puissant.
Il arrive souvent à l’historien, lorsqu’il démêle des querelles embrouillées, et relativement mesquines par leur objet, de se demander comment des faits de la plus haute importance ont pu passer presque inaperçus des contemporains. Au moment même où le roi de Hongrie et le pape s’occupaient de rivalités d’Eglises et de xietits intérêts italiens, commençait à gronder la tempête séculaire qui devait réunir dans une même ruine ou dans une même terreur Slaves et Magyars, Latins et Grecs, Orient et Occident. Le sultan Mourad venait de conquérir Andrinople et de tourner Byzance, qui ne pouvait plus être sauvée que par un effort héroïque de l’Europe chrétienne, sous la direction du puissant roi magyar. Lorsqu’on voit ce qu’a fait quatrevingts ans plus tard Jean Hunyade, à la tête d’un peuple divisé, contre les forces immenses de Mahomet II, on est fondé à croire que Louis le Grand, le mieux obéi des souverains, aurait pu étouffer dans son germe la grandeur ottomane. Hélas, il ne voyait guère dans ce qui se passait que