Pray, a
La réunion des deux royaumes latins d Occident sous un même sceptre avait été la grande pensée de Charles-Robert; elle n’avait cessé de préoccuper son fils pendant les vingthuit premières années de son règne. Héritier désigné de Casimir, il regarda toujours la Pologne comme un domaine à lui, que son intérêt et son devoir lui commandaient de de protéger. Cette idée fort juste amena Louis d’Anjou à intervenir plus d’une fois, du vivant même de Casimir, dans les affaires de ses voisins du Nord. Il veillait, par ses négociations, à ce qu’aucun système d’alliances ne vînt préparer l’annulation de ses droits : ce fut l’objet de plusieurs congrès et de plusieurs entrevues, notamment de l’entrevue de Vienne (1353), où l’empereur Charles IV renonça à ses prétentions sur la Masovie en échange d’une renonciation analogue des Polonais à leurs prétentions sur les duchés de Schweidnitz et de Jauer *, et qui par conséquent contribua à séparer nettement la Silésie de la Pologne. Il y eut encore d’autres négociations, entremêlées de courtes hostilités, avec cet empereur si nul dans l’histoire d’Allemagne, si justement célèbre dans l’histoire de la Bohême1 2 comme administrateur et comme protecteur des lettres et des arts. Mais Louis le Grand intervint surtout, avec ses armées, contre les Lithuaniens et les Tartares païens, que le Saint-Siège l’engageait à combattre ainsi que les Ruthènes schismatiques3; et par là il occupe une grande place dans l’histoire religieuse et ecclésiastique de ces contrées.