Fejér, t. VIII, vol. IV
Casimir, qui ne dédaignait pas plus les belles juives que les belles magyares1, les accueillit fort bien. Mais il ne faut pas croire que cette proscription ait été durable : les Juifs, dans les dernières années, avaient repris possession des franchises que leur avaient accordées le roi Bêla IV, et que Sigismond devait augmenter par la suiLe. Louis d’Anjou reconnaissait lui même que cette race infidèle lui rendait des services, puisqu’il raconte dans un acte public 2 qu’un de ses vassaux n’a pu faire la campagne de Lithuanie qu’en engageant la moitié de ses terres au Juif Israël. Nous saisissons l’occasion d’exposer brièvement la condition habituelle des Israélites en Hongrie aux quatorzième et quinzième siècles 3.
Pris dans leur ensemble, ils formaient ce qu’on appelait l’ universitas Judæorum , sorte de üef relevant directement du roi. Le roi était leur seigneur et leur juge. Toucher à l’un d’eux c'était toucher la majesté souveraine; protection efficace contre l’arbitraire des grands ou les passions populaires, mais protection qui se payait, d’abord par une redevance régulière acquittée en deux fois, le jour de saint Georges et le jour de saint Michel, ensuite par des contributions exl raordinaires lorsque le trésor était épuisé. Dans chaque ville leur communauté habitait un quartier spécial; ni le roi ni personne ne devait descendre dans leurs maisons, et on les
1. Ou a même attribué sa bienveillance envers les Israélites à sa passion pour une juive nommée Estlier