Fejér, t. IX, vol. II
a. Je résume ici un mémoire fort complet et fort bien documenté, à 1 aide de pièces tirées de diverses archives, sur les Juifs en lion— prrie. I.’auteur est M. Ilajnik; son travail a été publié dans les Magyar akadémia e'rtesitok'. de 186fi.
reconnaissait à leur manteau rouge bordé d une raie jaune. Un magistrat spécial, appelé dans le latin officiel judex Judæorum , siégeait à jour fixe devant la synagogue, et devait leur rendre la justice selon leur loi et leurs coutumes. Il exista môme assez longtemps une dignité appelée præfectura Judæorum, unique pour tout le royaume, et qui resta pendant plusieurs générations dans la famille juive des Mendel.
D’autres que les Juifs furent persécutés ou sollicités par le grand prince angevin. Il réussit à éteindre à peu près entièrement l’islamisme qui comptait encore au treiziéme siècle, sous le nom d’Ismaélites, d’assez nombreux partisans ; il étouffa presque entièrement aussi la secte des Patarins de Bosnie; mais il ne put venir à bout du schisme oriental1 dans la basse vallée du Danube et dans les Ivarpathes, malgré le nombre immense de conversions dont se vantaient les moines mendiants. On doit honorer la foi et le courage des missionnaires hongrois ou étrangers que le roi et le pape continuaient d’envoyer au delà des terres polonaises chez les peuples de l’Oural et du Volga; seulement il est difficile d’apprécier au juste le résultat de leurs efforts. Cette époque vit éclater, à côté du zèle généreux et de l’étroitesse persécutrice, le fanatisme absurde des flagellants ; mais ils ne semblent pas avoir été nombreux parmi les Magyars, alors comme toujours beaucoup moins accessibles aux entraînements mystiques quef les étrangers établis sur leurs frontières ou au milieu d’eux.
1. V. p. ex. Fejér, t. IX, v. III, 543 : Le roi oblige tous les prêtres sclavos sive schismaticos de deux comitats méridionaux à se présenter devant les magistrats (1366).
Si nous envisageons maintenant l’état intérieur de l’Église de Hongrie, et ses relations avec le Saint-Siège et la royauté, le premier fait qui attire les regards est l’accroissement des richesses ecclésiastiques. Les donations et les legs de cette période aux évêchés, aux cloîtres, à l’ordre de Saint-Jean, remplissent des volumes1, le roi et ses sujets donnaient même à des sanctuaires étrangers, à Aix-la-Chapelle, à Maria zell. Toutefois nous pouvons douter avec M. Toldy que tant de richesse ait porté bonheur au clergé, à sa vie morale et religieuse. Le culte, magnifiquement pourvu, devenait de plus en plus chose extérieure et d’apparat. La préoccupation des richesses séculières amenait des discussions misérables, et avec la société laïque et avec la papauté. La cour d’Avignon, qui aimait à thésauriser, levait 2 des droits énormes sur le clergé hongrois, et foudroyait les hérétiques qui osaient affirmer que Jésus -Christ et les Apôtres repoussaient les biens de ce monde3. La royauté, que nous avons vue si indépendante du Saint-Siège en certaines occasions politiques, 11e faisait nulle opposition à ce système fiscal, et elle restait en définitive une alliée à peu près constante de la papauté. Elle n'en était que plus ferme dans sa résistance aux plaintes tantôt justes, tantôt mal fondées du haut clergé Elle maintenait contre toutes les réclamations de Gran et d’Avignon 4, son droit de nomination aux dignités ecclésiastiques.
1. Fejér passim. V. surtout le testament de la reine Élisabeth. Pray, a. 1380.