‹ Histoire générale des Hongrois (tome 1)Chapitre 146 sur 179 · C’est x>récisément l’opinion de Teleky et de Chassin · texte numérisé non relu

C’est x>récisément l’opinion de Teleky et de Chassin

2. Clialcocondvlas {De origine ac rébus geslis Turcarum , Bonn 1843, 236 et s.) : làyyoç 6 Xc ov>.d~rtq yévoyç tov cù icavu ti çaûXou vient ensuite l’iiistoire du duc des Triballes (c’est-à-dire du prince des Serbes comme on le voit par ce qui est dit, jn 368).

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services; mais c’est après ce règne que son rôle historique devait commencer.

L’Empereur Albert n’a fait que traverser l’histoire hongroise (sept. 1437-oct. 1439), et il y a laissé un assez bon souvenir. En sa personne la maison d’Autriche atteignait une première fois la sainte couronne, mais c’était avec respect, pour ainsi dire en changeant elle-même de nationalité. La Diète déclara Élisabeth, fille de Sigismond, reine par droit de naissance, et lui associa son époux, qui promit lors de son couronnement (le 1er janvier 1438) de ne pas accepter l’Empire, s’il lui était conféré par les électeurs germaniques, sans le consentement de l’assemblée hongroise1, et dans tous les cas de résider à Bude, sa capitale. En retour de cette promesse, la nation prit l’engagement d’ajipeler au trône, après la mort d’Albert, les enfants qu’il aurait eus d’Élisabeth. Dès lors non seulement aucun obstacle ne fut mis à l’élection du roi comme Empereur, mais on se montra prêt à le soutenir en Bohême, où le parti hostile faisait alliance contre lui avec les Polonais. Cette bonne entente fut encore fortifiée l’année suivante par une série de lois constitutionnelles. Le roi devait non-seulement résider en Hongrie, mais appeler la diète à délibérer sur le mariage de ses filles. Il ne pouvait affermer aucun des revenus de la couronne à d’autres qu’à des sujets hongrois. Il ne pouvait changer la monnaie, il ne pouvait ni donner ni vendre les biens de la couronne sans le consentement de l’assemblée; la Diète devait s’entendre avec lui pour la défense des frontières, et prendre part avec lui à la nomination du palatin.

1. Alberto acceptare imperium injussu Baronum Hungariæ baud quaquam licebat. (Æa. Sylv. De Boliemorum hi&toria, c. 55.) i. 2(5

C’était un vrai pacte entre le roi étranger et ses sujets qui l’attiraient à eux, pacte dont les clauses étaient surtout inspirées par les fâcheux souvenirs du règne de Sigismond1 2, pacte capable de préparer à la Hongrie un régime d’indépendance et de sage liberté. Malheureusementces beureuxgermes n’eurent pas le temps de porter leurs fruits. Chacun brûlait de marcher contre les Turcs, d’autant plus que des rixes commençaient à éclater dans la capitale entre les Allemands et les Magyars -, et qu’il fallait puiser des sentiments d’union dans la lutte commune contre l’infidèle. Mourad était devenu le maître de Semendria : l’armée chrétienne arrivait jusqu’aux bords du Danube pour en reconquérir les deux rives, lorsqu’une panique étrange la dispersa. Ce n’était pas un revers irréparable, mais l’Empereur-Roi , ayant commis quelques imprudences, tomba malade de la dyssenterie. 11 voulut pour rétablir sa santé, se mettre en marche vers l’Autriche, vers les montagnes paternelles; il ne put supporter le voyage et succomba près de Grau, à Neszmély.

Tout était remis en question : le frère d’Albert, Frédéric d'Autriche allait commencer son long et médiocre règne impérial (1439-1493) ; la Hongrie était de nouveau séparée de l’Empire, et l'on ne savait si la reine Élisabeth, alors enceinte, mettrait au monde une troisième fille ou un premier fils. Cependant il fallait se hâter, en face de l’invasion musulmane, de pourvoir le trône et de choisir non pas un roi d’apparat ni un enfant gouverné par une femme, mais

1. Les Hongrois disaient, suivant Æneas Sylvius, 1. cit. : dum Sigismundus Romanæ rei consulturus, Itaiiam Germaniam ceterasque provincias peragraret, Hungariam Turcarum direptioni patuisse.

2. Æneas de Statu Europce sub Frederico III (dans Freher, c. 1). Il fait un grand éloge d’Albert dans le même passage.

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un homme jeune, ardent à combattre, prêt à mourir, un

croisé, un martyr, un cavalier. Tel fut au moins le sentiment de tous ceux qui préféraient, dans l’imminent péril, la besogne des champs de bataille à celle des chancelleries, et le salut de la patrie aux intérêts d’une maison ; tel fut le sentiment de Jean Hunyade, de Ujlaki, de Ban fi et de bien d’autres : voilà ce que n’a jamais compris un fin politique italien, serviteur de la maison d’Autriche, Æneas Sylvius Piccolomini '. Nul ne comprenait mieux que Hunyade , gouverneur d’une province frontière, obligé à des efforts et à des -sacrifices continuels, les inconvénients d’une minorité royale, surveillée avec égoïsme par un prince aussi astucieux que Frédéric Ilf. Élisabeth parut elle-même le comprendre, le jour où elle laissa la diète libre de choisir un souverain plus capable qu’elle-même d’accepter un pareil fardeau. Le prince auquel on songea aussitôt fut le jeune roi de Pologne Wladislas ; non-seulement l’union avec la Pologne permettrait de reconquérir pacifiquement l’ancienne frontière, mais l’union de deux peuples aussi guerriers semblait promettre la victoire aux armées chrétiennes.

On crut un instant pouvoir tout arranger par un mariage d’Élisabeth avec Wladislas, en stipulant que le fils posthume d’Albert, si c’était un fils, n’aurait que l’Autriche et la Bohême; mais jamais le prince polonais ne songea sérieusement à cette union disproportionnée, et la naissance de Ladislas le Posthume (fév. 1440) acheva de ruiner ce projet. La reine veuve en effet, oubliant son renoncement patrio-

1. Devenu plus lard le pape Pie II; dans ses ouvrages il voit tout au point de vue de la maison d’Autriche, il ne parle que de l’inconstance et de la rébellion des Hongrois (1. ciL 57 et suiv.j contre l’enfant Ladislas le Posthume.

tique, n’eut plus qu’une pensée, conserver le trône du nouveau-ré. La majorité de la diète, au contraire, déclara Wladislas roi de Hongrie, et Jean Hunyade le pressa d’accourir. Il arriva cependant trop tard : le parti d’Elisabeth, dirigé par les Gara, par les Gilly et appuyé par l’Empereur, couronna Ladislas d’Autriche, et emporta même la sainte couronne hors des frontières. Mais il dut bientôt se cantonner dans les comitats de l’Occident, et laisser se réunir une diète qui proclama solennellement Wladislas L Lorsque vint le moment du sacre, on s’aperçut que la sainte couronne manquait; il fallut chercher un vieux diadème parmi les ossements royaux, présage de mort que ne manqua pas de rappeler la superstition populaire après le désastre de Varna .

La guerre civile était à peu près inévitable, mais Iiunyade fit tout, pour l’empêcher d’abord, puis pour l’abréger. Envoyé contre Gara, le chef du parti autrichien, il essaya de le ramener au dévouement envers la patrie par quelques paroles probablement fort simples, dont l’élégant Callimaque a fait un beau discours savamment ordonné. Ne pouvant le convaincre, il le battit, puis courut au péril sérieux, à la guerre turque. La lutte intérieure, fort heureusement, ne fit plus que languir dans les intrigues. Elisabeth essayait de raviver les anciennes antipathies des Magyars contre les Polonais, elle comptait également sur son beau-frère l’Empereur Frédéric, lequel profila de toutes ces dissensions pour conserver le précieux gage de la Sainte Couronne, et pour s’attribuer l’Autriche avec la tutelle et la garde du petit Ladislas. Le légat Julien Cesarini, qui allait jouer un grand et funeste rôle dans

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