‹ Histoire générale des Hongrois (tome 1)Chapitre 148 sur 179 · Ducas, c. xxxu · texte numérisé non relu

Ducas, c. xxxu

Les musulmans avaient encore ajouté aux difficultés naturelles de ce passage par d’immenses travaux, des tranchées, des murailles improvisées en quartiers de roc. Au moment où arrivaient les Magyars, le froid était venu, très-vif surtout pendant la nuit, dans ces hautes régions : avec l’eau qui ne manque pas dans le soûla, derbend 1 les Turcs inondèrent les pentes que la gelée de la nuit suivante recouvrit d’un verglas mortel pour les chevaux. Hunyade franchit le défilé de l’Isladi, moins inabordable, malgré les rochers et les troncs d’arbres que des hauteurs dominantes l’ennemi faisait pleuvoir sur ses soldats. Pour la première et la dernière fois les vallées de la Maritza voyaient une armée magyare. Une nouvelle victoire fut remportée dans les champs de Jalovatz ; mais il n’était possible dans une pareille saison et dans un pareil pays ni de continuer la campagne ni d’établir des quartiers d’hiver. Wladislas ordonna la retraite; elle fut, comme l’invasion, admirablementconduite. Desprisonniersde guerre avaient été massacrés dans cette lutte sans merci; beaucoup d’autres, parmi lesquels deux begs ottomans, figurèrent avec une multitude d’armes et d’étendards, lors de l'entrée triomphale dans la capitale enthousiasmée.

Telle fut cette campagne non moins utile que glorieuse si les vainqueurs avaient su se borner! « Notre nation* dit » Joseph Teleky, ne saurait l’oublier, à moins de cesser » d’être. » L’impression fut si profonde en Orient, malgré tous les événements contraires qui sont arrivés depuis, que les femmes turques se servirent longtemps du terrible Yanko pour effrayer les petits enfants rebelles. Mourad jugea la paix indispensable : il envoya donc en Hongrie son clian-

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