Littéralement dé filé aqueux
LA MONARCHIE ÉLECTIVE 409
celier, un renégat levantin qui prenant Jean Hunyade pour le sultan des Magyars voulut traiter directement avec lui. Le vainqueur, souriant de cette méprise, le renvoya à la diète qui seule, dans un pays libre, pouvait décider de la guerre ou de la paix b L'assemblée, qui se tenait alors à Szegedin, était disposée plus encore que Wladislas, à continuer vigoureusement la lutte. Les étrangers surtout, et à leur tête le cardinal Julien, ne rêvaient que de Constantinople. Plus expérimentés, Jean Hunyade et Georges Brankovics se seraient contentés d’occuper et de fortifier une partie des récentes conquêtes ; ils connaissaient les immenses ressources des Ottomans, et ils redoutaient avec raison l’inconstance de la fortune.
Ce dernier point de vue finit par être accepté de la majorité et du roi. Les conditions stipulées étaient très-favorables : moyennant une trêve de dix ans, la Valachie était soumise de nouveau à la suzeraineté hongroise, la Serbie et l’Herzégovine restituées à Georges Brankovics, qui paraissait revenu aux sentiments les plus fidèles, une forte rançon était payée pour les principaux chefs turcs. Le traité fut juré solennellement. L'envoyé de Mourad , un renégat qui connaissait bien son ancienne croyance, demandait que le serment fût prêté sur l’hostie par les chrétiens, pendant que les musulmans le jureraient sur le Coran. Un prélat ayant crié au sacrilège, on se contenta de jurer sur l’Evangile.
Cet engagement, beaucoup n’étaient pas résolus à le tenir. L’occasion leur paraissait trop belle, et de celles qui ne se retrouvent pas. Les nouvelles que l’on avait reçues avant de