Prav, a
LA MONARCHIE ÉLECTIVE
leur tint un langage décourageant motivé par les dissensions de l’Allemagne et par le récent changement du trône pontifical. « Il faut donc, concluait-il, si nous voulons faire la guerre » aux Turcs, remettre ce projet à des temps meilleurs, et » négocier si possible en attendant1. »
Donc rien à espérer des princes alliés, rien non plus de l’Europe occidentale. Et ce n’était pas tout : diverses intrigues étaient ourdies pour ôter tout pouvoir, et môme pour ôter la vie, au seul défenseur qui pût arrêter l’Infidèle sur le Danube. Le palatin Gara, dans son incurable jalousie, lui tendait des pièges sur le terrain constitutionnel et légal, tandis que l’odieux Cilly descendait aux guet-apens d’un sicaire. Hunyade vint à bout de tout déjouer. Lorsque Cilly, qui n’avait pas tardé à rentrer en faveur auprès du jeune roi, voulut l’attirer à Vienne, il se refusa d’abord à un aussi dangereux voyage, ce qui fournit, il est vrai, un prétexte pour l’accuser de rébellion. Un peu plus tard, sur la promesse d’un sauf-conduit, il s’approcha de Vienne avec une escorte, mais il prit son ennemi en flagrant délit de mensonge et de projets de meurtre, et revint en Hongrie. Les tentatives de Gara pour diminuer son pouvoir ne réussirent pas mieux : il le conserva tout entier, avec une nouvelle confirmation royale, pour sa dernière année, année de périls et de dévouement récompensé par le succès.
Le Sultan Mahomet voulait prendre Belgrade : connaissant bien les difficultés d’un pareil siège il avait fait fondre d’énormes canons dans la vallée de la Morava , afin que le transport en fût plus facile. Son artillerie, la plus formidable qu’on eût jamais mise en ligne2, comptait plusieurs mil-