‹ Histoire générale des Hongrois (tome 1)Chapitre 159 sur 179 · Pray, Annales · texte numérisé non relu

Pray, Annales

2. Mathias, d’après Bonfinius (Déc. III, 1. X), disait vers la fin de sa vie : « Se vix unius anni spatio gubernatoris moderationem et o consilium tolerare potuisse. »

a. Szilâgyi, un peu plus tard, fut pris et décapité par les Turcs.

pour eux-mêmes, les puissants ennemis de Mathias, après la diète de Szegedin, se confédérèrent avec l’Empereur. Frédéric III prit le titre de roi de Hongrie, et ce qui lui donnait une grande supériorité sur l’élu de la nation, c’est qu’il possédait depuis longtemps la sainte couronne, emblème et condition de l’autorité souveraine aux yeux de tout vrai Magyar. Une première lutte se livra près des frontières; elle tourna d’abord à l’avantage des Autrichiens, mais plusieurs chefs des mécontents, entre autres le ban de Croatie Ujlaky *, se repentirent de leur alliance avec un prince étranger et passèrent du côté de Mathias, très -habile à persuader ses sujets au nom de la patrie , et à retourner contre son adversaire l'arme des dissensions intérieures et des rivalités1 2.

Dans de telles circonstances, la récente élection d’Æneas Sylvius Piceolomini, comme pape, sous le nom de Pie II, était d’une importance capitale. Frédéric se crut certain de l'emporter en voyant arriver au trône pontifical l’habile négociateur, le serviteur dévoué de sa maison, l’écrivain si hostile à la famille des Corvins 3. Pie II se sentit embarrassé par le passé d'Æneas Sylvius. Préoccupé d’un vaste projet de croisade, il faisait des vœux pour le fils de Jean Hunyade, le seul qui pût en assurer le succès; mais il ne voulait pas

1. Rattkay : Memoria banorum Croatiœ, etc., Vienne, 1772, in— 4°, p. 93 et suiv.

2. Ce qui rétablissait en faveur de Mathias une sorte d’équilibre, c’est qu’il était l’allié de l’archiduc Albert, frère de Frédéric. Il avait aussi pour lui la puissante famille des Eyczinger, mais contre lui une bonne partie de la bourgeoisie de Vienne. V. le VIF vol. des Fontes rerum Austriacarum, contenant le copey Buch der gemainen Stat v. ien, par le Dr Zeibig.

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