‹ Histoire générale des Hongrois (tome 1)Chapitre 164 sur 179 · Epist., II, 119, et Prav 14G · texte numérisé non relu

Epist., II, 119, et Prav 14G

LA MONARCHIE ÉLECTIVE

parfois leur peser : car lorsque le bail (le Croatie Jean Thuz eut été chassé pour ses crimes, il se retira avec ses trésors à Venise, et fut non-seulement toléré, mais fort bien accueilli par les patriciens1. Enfin, comme protagoniste de l’Europe chrétienne, Mathias recevait des subsides, et s’indignait de voir que le pape le soupçonnait de les employer à d’autres usages qu’à la défense de la chrétienté2.

Ce sont aussi les besoins impérieux de son trésor et de ses armées qui amenèrent une dangereuse sédition. La diète de 1467 ayant augmenté, non sans répugnance, les droits que payaient les marchandises à leur entrée dans le royaume, et ayant donné à ces droits le caractère de propriété inaliénable de la couronne, la fière et indépendante noblesse de Transylvanie se révolta comme la fière bourgeoisie saxonne3. Mathias la combattit avec succès, mais non sans péril; car il voulut punir le voïvode Etienne de Moldavie, qui avait soutenu les rebelles et inquiété les frontières : il franchit des défilés dangereux, fut blessé et faillit périr avec son armée4. Après cette expédition, la noblesse de Transylvanie dut payer une amende énorme en. réparation de son infidélité, et ce qui l’atteignit d’une manière peut-être plus pénible, c’est que le taux fixé par les lois encore barbares de cette contrée pour le meurtre d’un noble fut diminué des deux tiers. Des difficultés aussi graves au dedans comme au dehors contribuèrent sans doute à retarder la guerre contre la Bohême; mais il y eut d’autres causes encore. Mathias,

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