‹ Histoire générale des Hongrois (tome 1)Chapitre 166 sur 179 · P. ex. M. Toldy · texte numérisé non relu

P. ex. M. Toldy

2. Epist . III, 14. — Sur toute cette époque M. Palacky a publié dans les Fontes rerum Austriacarum (t. XX, 1860), des pièces nombreuses parmi lesquelles se trouvent des lettres de Mathias en allemand.

contre la Bohême, car il a dans cette guerre fort peu soutenu son nouvel allié ; mais une lutte d’extermination entre deux nations voisines telles que les Tchèques et les Magyars rentrait dans les plans de sa politique et ne pouvait manquer de préparer la fortune de sa maison.

Dans la diète hongroise, dont chaque membre laïque avait tout à perdre dans cette guerre et fort peu de chose à y gagner, l’opposition fut plus générale qu’en Allemagne. On ne voulait pas se laisser distraire de la vraie croisade; on prévoyait avec trop de raison que les armées magyares employées en Bohême permettraient aux pillards turcs de ravager impunément le pays. Mais le légat Rovarella somma le roi de tenir ses promesses ; l’évêque de Breslau réclama son secours contre les hérétiques; l’envoyé de l’Empereur montra Victorin sur le point de s’emparer de Vienne. Enfin une ambassade ottomane, admise cette fois malgré les scrupules de Mathias, proposa et obtint un armistice de plusieurs années. Alors la guerre fut résolue.

L’impétueux légat, qui voyait déjà Podiebrad en fuite, écrivait à l’évêque de Ferrare : « Les fondements de notre » salut sont jetés, et la synagogue de Satan penche vers sa » ruine. L’Eglise doit d’éternelles louanges au roi des Hon- » grois qui, acceptant les avertissements du Saint-Père, n’a » pas hésité à prendre les armes1. » Mathias était en effet décidé à soumettre au Siège pontifical et à conquérir pour lui-même le royaume de son beau-père. Pour le moment il effaçait, sincèrement peut-être, son ambition politique derrière son zèle religieux. Il écrivait aux catholiques de Bohême : « J’ai entrepris de vous protéger contre les héré-

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