Raynald et Pray
LA MONARCHIE ÉLECTIVE
» tiques... Gomme c’est votre affaire encore plus que la nôtre, » préparez-vous le plus tôt possible à nous aider. » Dans un manifeste adressé aux princes de l'Europe, il se disait appelé par les catholiques de Bohême. Enfin il pressait son représentant à Rome d’obtenir du pape les subsides promis : « Si cette hérésie n’est pas maintenant extirpée, il faut «craindre pour l’Église d’Occident, surtout pour l’Alle- » magne, parce que les Ilussites iront se multipliant, se » glorifiant comme si Dieu protégeait leur juste cause... » L’Empereur est froid, le roi de Pologne est pauvre, les » Allemands sont livrés à la paresse 1 2 . »
Les hostilités commencèrent avec un médiocre déploiement de forces : l’armée que le roi conduisit en Moravie ne comptait que onze mille cavaliers et un plus petit nombre de fantassins, commandés par Emericli Zapolya, Kinizsi et d’autres habiles capitaines. Il y eut plutôt des escarmouches que de vrais combats, puis la prise de Trebitsch que les fils de Podiebrad ne réussirent pas à protéger. Le siège fut mis devant Olmütz et devant le Spielberg, les deux principales forteresses. Par deux fois les négociations se renouèrent et parurent aboutir-, la seconde fois les deux princes eurent une entrevue, mangèrent ensemble, causèrent sur le ton le plus amical, et chacun les crut réconciliés. Mais les légats et Mathias exigèrent - l’absolue destruction de l’hérésie et la soumission pure et simple au siège apostolique; la restitution au clergé catholique de tous les biens antérieurement sécularisés, sous l’arbitrage des légats et de l’archevêque de Gfran ; enfin ils se refusaient à continuer les pourparlers s’ils