Epist. III
ne recevaient pas comme gage de la bonne foi des Bohèmes le cliâteau de Prague et le Spielberg. Or Podiebrad et ses sujets ne voulaient, ni renoncer à la communion sous les deux espèces, ni laisser le primat de Hongrie s’ingérer dans les affaires de leur pays, ni livrer la forteresse qui domine leur capitale. Ces difficultés découragèrent les Polonais qui s’étaient portés médiateurs. La noblesse hongroise, dans une nouvelle diète réunie à Presbourg, vota cette fois tous les sacrifices demandés. Frédéric III, heureux de voir l’hostilité croissante de ses voisins, resserra son alliance avec Mathias et lui fit espérer le sceptre impérial.
Dès le mois de décembre la lutte s’engagea plus vivement. Après une série de succès, les Hongrois s’emparèrent d’Olmütz et bientôt du Spielberg : rien ne tenant plus en Moravie, Mathias résolut d’envahir la Bohême. Il ne se dissimulait pas les difficultés de l'entreprise : « Les Bohèmes, » écrivait-il, ne sont pas seulement habitués à combattre » pour leur propre compte, ils font aussi la guerre à la solde » d’autres nations. Ce peuple est très-fier et obstiné dans son » hérésie. Le pays est vaste, bien défendu par des châteaux » et des défilés fortifiés1. » Le danger était encore plus réel qu’il ne le croyait, car son armée se trouva embarrassée dans les neiges et cernée par l’armée ennemie. Cette affreuse situation ne lui réservait, à lui et à ses soldats, que le choix entre la mort et la captivité, lorsqu’il fut sauvé par la générosité spontanée ou calculée de Podiebrad. Le patriotisme des chroniqueurs a chargé de détails obscurs et contradictoires le récit de ces événements. Les Tchèques veulent que Mathias ait obtenu son libre départ en jurant de conclure