Ejrist . III
LA MONARCHIE ÉLECTIVE
prochainement la paix et en offrant un boisseau de pièces d’or; ils ajoutent que l’or n’était qu’à la surface et que le reste du vase était rempli de son. Les Magyars traitent ces anecdotes de calomnies absurdes1. Ce qui est certain, c’est qu’un congrès pour la paix définitive devait se réunir à Olmütz dans les premiers jours du printemps.
Cette nouvelle désespéra les chefs de la ligue catholique de Bohême, qui s’étaient crus déjà les maîtres dans leur pays, et le légat Rovarella accourut de la diète de Ratisbonne, menaçant presque le roi de Hongrie de l’excommunier. Il soutenait qu’un traité conclu avec un prince hérétique était nul de plein droit sans la ratification du Saint-Siège 2. Il fit échouer les négociations d’Olmütz par ses exigences croissantes : il aurait fallu que Podiebrad promît de combattre lui-même ses sujets. Mathias crut pouvoir consentir à la rupture des conférences, et retirer la parole qu’il avait dû dans tous les cas engager plus ou moins. Il fit plus encore. Les chefs de la ligue catholique voulurent le lier irrévocablement à leur cause en lui offrant la couronne de Saint-Wenceslas. Mathias accepta : c’est une tache pour sa mémoire3. Le 3 mai 1469 il fut proclamé roi de Bohême dans la cathédrale d’Olmütz ; il déclara qu’il se rendait aux prières des catholiques pour la louange et l'honneur du Tout-Puissant, pour la défense du Saint-Siège, pour l’affermissement de la foi chrétienne. Vaines excuses de l’ambition !
1. C’est une lutte en règle de Pray, Szalay, etc., contre Balbin, Dubravius, etc.