‹ Histoire générale des Hongrois (tome 1)Chapitre 170 sur 179 · Pray, ann · texte numérisé non relu

Pray, ann

3. Dans tout ceci Fessier-Klein s’efforce visiblement de rejeter tous les torts sur la cour de Rome et les légats.

La nation tchèque releva ce défi. Pendant qu’on dressait dans Olmütz des tables immenses et que les fontaines de vin coulaient; pendant que Mathias faisait frapper des pièces de monnaie à son effigie comme roi de Bohême, avec une singulière dédicace au dieu Mars protecteur1; pendant qu’il entrait triomphalement dans Breslau, une de ses nouvelles capitales, les États de Bohême réunis à Prague proclamaient héritier du royaume le prince polonais Wladislas. Désormais la partie se compliquait d’un nouvel adversaire, le roi de Pologne, et celui-là n’était pas un prince à moitié hérétique, excommunié, au ban de l’Europe; il avait pour lui de nombreux alliés et la bienveillance secrète de l’Empereur. Les Magyars luttèrent d’abord avec succès contre ces nouveaux périls, Victorin Podiebrad tomba même entre leurs mains; mais le siège de Hradich tourna mal pour eux : Henri Podiebrad ravitailla cette place forte, et rejeta hors du pays morave le roi de Hongrie vaincu. Les catholiques de Bohême se décourageaient; leur puissant protecteur voyait ses finances épuisées, ses sujets mécontents, ses voisins chaque jour plus hostiles. Ce sont là les années tragiques, la période de crise du règne de Corvin.

Un voyage qu’il entreprit à Vienne ne lui réussit pas mieux. Il voulait amener Frédéric à une alliance sincère en devenant l’époux de sa fille, et comptait obtenir en dot les villes hongroises que les derniers traités avaient laissées à l’Empereur. Il ne savait pas que le chef de la maison d’Autriche s entendait avec le roi de Pologne, et il allait au-devant d’un affront. Le César germanique, croyant n’avoir plus rien à redouter de ce roi parvenu, repoussa dédaigneu-

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