‹ Histoire générale des Hongrois (tome 1)Chapitre 171 sur 179 · Marti faulori (Szalay, III, 2S6, note · texte numérisé non relu

Marti faulori (Szalay, III, 2S6, note

LA MONARCHIE ÉLECTIVE

sement sa demande, et lui reprocha sa médiocre extraction. Dès lors tout fut fini entre eux, et Mathias, ému d’une colère terrible, s’échappa de Vienne où il ne devait rentrer que bien des années plus tard, en victorieux et en conquérant1. Dans son royaume une nouvelle amertume l’attendait : Georges Podiebrad, qui avait continué le cours de ses succès, lui proposait dans l’intérêt du pauvre peuple chrétien de terminer leur querelle par un duel où le vaincu serait à la merci du vainqueur. Ses envoyés ajoutaient que leur roi étant d’une forte corpulence2, il conviendrait de réduire à un petit espace le champ du combat. Mathias refusa non sans ironie, mais il dut bientôt s’apercevoir de son isolement. Si Paul II lui envoyait encore quelques encouragements et quelques subsides, la politique de Frédéric III l’entourait d’ennemis, et il était temps de songer à la frontière ottomane. Podiebrad lui devint moins odieux, et les négociations recommencèrent avec lui ; mais au moment où il allait garantir à Mathias la succession au trône de Bohême, il mourut. Cet événement, qui deux ans plus tôt aurait été un coup de fortune, était maintenant un désastre, et le légat n’était pas éloigné d’en juger ainsi lorsqu’il écrivait : « La mort » récente de l'hérétique a causé une grande joie; mais plaise » à Dieu que nous ne voyions pas arriver des événements » plus graves3! » Dans leur cité de Prague, les Tchèques, même catholiques, jurèrent qu’ils ne reconnaîtraient jamais un roi magyar, et le prince polonais, appuyé par les armes de son père, vint se faire proclamer roi de Bohême,

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