Raynald et Pray
aux applaudissements des deux peuples slaves étroitement unis.
Mathias Corvin, désespéré de voir une couronne lui échapper, fut sur le point de perdre encore la sienne. Le mécontentement causé parla levée des impôts augmentait à chaque diète, avec la nouvelle des insuccès. Mahomet II venait de construire la forteresse menaçante de Szabacs 1 , et les Turcs poussaient leurs expéditions non-seulement jusqu’en .Styrie, mais au cœur môme du royaume hongrois, jusqu’à Yârad où ils détruisirent la sépulture de saint Ladislas. Sous l’impression du péril que faisait courir à la patrie l’éloignement de ses défenseurs , employés contre des chrétiens, une vaste consjiiration se forma : (die avait un chef assurément inattendu dans le primat Vitéz , le précepteur du roi, celui qui l’avait mis sur le trône2. Un des princes polonais, nommé Casimir comme le roi son père, fut appelé par les mécontents au trône magyar qu’avait occupé son oncle Wladislas, le croisé mort à Varna. De Cracovie il lança un manifeste qui déclarait Mathias Hunyade usurpateur. Mais ses soldats furent arrêtés, vaincus et dispersés par cet usurpateur, auquel l’urgence du péril rendit sa vigueur et son habileté. Restait à se venger des complices; Mathias Corvin se montra clément, excepté envers le Primat, qui fut deux fois emprisonné, deux fois remis en liberté moyennant les conditions les plus dures3, et qui bientôt mourut de chagrin. Il était dans la destinée, sinon dans le