Deux véritables traités dans Pray, Annal., 1471 et
LA MONARCHIE ÉLECTIVE
caractère du fils de Jean Hunyade, de perdre après Szilagyi, Yitéz, ses deux bienfaiteurs.
Cependant il ne renonçait point à la Bohême. Le nouveau pape Sixte IV l’assista plus activement que Paul II, car il écrivit à tous les ennemis de la Hongrie pour les détacher de la coalition 1 . D’ailleurs l’entrevue de Trêves, qui aurait pu procurer à Frédéric III l’alliance de Charles le Téméraire contre Mathias, fut brusquement rompue. Encore un vigoureux effort, et la supériorité militaire des Hongrois devait leur assurer le succès final. Cette campagne décisive eut lieu en Silésie ; elle offre, toutes proportions gardées, quelque ressemblance avec celle de Napoléon autour de Paris en 1814, si l’on suppose un instant que celui-ci ait pu exécuter son plan définitif2. Les alliés étaient répandus dans toute la Silésie, où Mathias n’avait pas une armée suffisante pour leur résister. Que fait-il alors? Il envoie sa rapide cavalerie emporter ou détruire partout les provisions, et se fortifie dans Breslau avec un corps de six mille hommes, laissant les ennemis s’approcher, et envoyant au loin ses deux excellents lieutenants, Kinizsi et Zapolya, avec l’ordre de revenir, lorsqu’il en sera temps, écraser les alliés entre leur armée et la capjitale. Assiégé par une nombreuse armée, on* le crut désarmé et perdu. Mais il put s’assurer, sous un déguisement de paysan, que tout cela n’était qu’une vaine apparence, qu’il pouvait attaquer cette foule mal organisée, et en effet il resta victorieux. Les assiégeants, privés de leurs communications et de leurs vivres par ses lieutenants, lui