Pray, ann
siens, des ambassadeurs polonais vinrent lui dire : « C’est » mal à un roi d’appuyer une révolte contre un autre roi. » — « J’ai suivi, leur fut-il répondu, un illustre exemple, » celui de votre Casimir, qui naguère excitait contre moi » mes évêques et ma noblesse b » La réplique était décisive, et il ne restait plus, après s’être reproché les mêmes torts, qu’à se réconcilier : les deux rois s’appelèrent frères, et entrèrent à cheval dans la ville d’Olmütz, sous le même vaste baldaquin.
Libre de porter tous ses efforts du côté du midi, Mathias eut bientôt à s’inquiéter de la politique italienne, et surtout de la politique trop temporelle de Sixte IV. Venise traitait avec les Turcs, et le pape, ennemi du roi de Naples, restait l’allié des Vénitiens. Le roi de Hongrie se trouvait isolé dans sa sainte entreprise, ce qui l’irritait au dernier point : « Nous » admirons, écrivait-il, le Souverain-Pontife, si favorable à » Venise et si méprisant pour notre père Ferdinand, qui est » d’autant plus mal reçu qu’il se montre plus empressé. Le » Saint-Père croit nous réduire à l’obéissance par sa sévô- » rité. Il oublie que nous sommes hors de sa portée, et que » sa malveillance à notre égard ne saurait nous être nui- » sible. Si l’on veut essayer lequel de nous deux peut faire » le plus de mal à l’autre, c’est son territoire et non le nôtre » qui souffrira le premier1 2. » N’espérant plus iden de l’Italie, Mathias demanda des secours, mais en vain, à la diète de Nuremberg. Dès lors, il n’attendit plus son triomphe que de Dieu et de lui-même.
Une nombreuse armée, commandée par douze pachas, en-