‹ Histoire générale des Hongrois (tome 1)Chapitre 28 sur 179 · Tliurôczy (1. II, ch. mj · texte numérisé non relu

Tliurôczy (1. II, ch. mj

LES ORIGINES ET L’ÉPOQUE PAÏENNE

aujourd’hui le mont Zobor. Toutes les défenses disposées par les Moraves sur les bords du Waag furent également emportées. C’est probablement dans ces régions montagneuses que la lutte se prolongea, non sans quelque retour de fortune pour les Moraves, car nous voyons qu’ils furent vainqueurs en 902 1 d’une partie de l’armée hongroise.

C’est la dernière lueur qui nous guide au milieu de ces ténèbres historiques. Nous ne savons pas comment, dans les années qui suivirent, la Moravie perdit toute existence nationale et fut partagée entre les Hongrois, les Allemands et les Bohèmes : « Le pays, comme son prince, a dit un » patriote slave, s’évanouit parmi les peuples de l’Europe ; » les vdlles et les forteresses si hères ne sont plus, et sur la » désolation universelle règne un silence profond '2. »

Cependant Zalan et Menmarôt conservaient une partie de leurs États; mais dans des conditions tellement précaires et en face de telles exigences que la patience leur échappa. Le dernier effort de Zalan ne manqua pas de grandeur. Sur les

1. Herimanni Augiensis Chronicon , Ann., 902, (Perlz, V) : Ungarii Maralienses petunt, pugnaque victi, lerga verterunt.

2. Palacky, I, 155. — A part l’Anonyme, les sources hongroises ne consistent que dans le résumé confus de Kézai et dans les légendes de Thurôczy. Constantin (ch. LX, lxi), ne nous apprend guère que le fait même de la chute de l’Empire de « Spliendoplocos.» — Une seule phrase suffit à Nestor pour toute la conquête de la Hongrie. — Quelques mots de Regino, (Ann. 894) : regnum filii ejus (de Swatopluk) pauco tempore infeliciter tenuerunt, Ungaris omnia usque ad solum depopulantibus — et quelques renseignements encore plus secs d’autres annales représentent le contingent des documents germaniques. — Dans des ouvrages déjà cités, Dümmler (t. II, p. 441), Palacky et Dudik (p. 351), constatent cette obscurité et s’en étonnent.

bruyères d’Alpar, au milieu de l’Alfôld, eut lieu la bataille décisive. La nuit qui précéda, aucun des deux princes ne voulut dormir : ils attendaient le jour, tenant par la bride leur cheval tout harnaché. Leliel, fils de Tlias, donna le signal de l’attaque en soufflant dans son cor de chasse ; Bulcs, héros sanguinaire, portait le drapeau national. Presque tous les Bulgares périrent sous les coups des Magyars ou dans les eaux de la Theiss. Zalan s’enfuit jusque dans Belgrade, où il implora le secours de Siméon : en avaut de cette ville admirablement située au confluent du Danube et de la Save, rien ne résistait plus.

La conquête était désormais assez avancée pour qu’on pût songer à l’organiser. Non loin du champ de bataille et de la ville actuelle de Szegedin fut tenue une grande assemblée, composée de chefs de tribu, de chefs de famille, de nombreux hommes libres. Les terres furent partagées ; rétablissement des tribus, leurs conditions de dépendance ou d’indépendance relative furent mieux réglées; on fixa une peine pour chaque genre de délit ; et l’espace où campa cette première Diète hongroise a reçu le nom de Lande de l’Organisation *.

Il fallait poursuivre Zalan et le priver de toute alliance : Leliel, Bulcs et Botond parurent devant Belgrade et franchirent le Danube. Que se passa-t-il dans cette campagne? Les Magyars, d’après leurs traditions, auraient contraint Siméon à abandonner la cause de Zalan, à donner son propre fils en otage, à payer tribut, et ils auraient pu remonter la vallée de la Save jusqu’à la Croatie conquise une première fois. C’est peut-être à cette expédition qu’il faudrait rap-

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