Reinaud, p. 183, et D. Bouquet, IX
5. Dussieux, p. 57 et suiv. — P. 64, note sur li Hongre dans Garin le Lohérain. — P. 67, note sur les Ogres, et p. 72, note d'après laquelle il y aurait peut-être une population d’origine magyare dans quelques villages du département de la Moselle.
histoire. Ce triomphe de l’Allemagne, par son éclat magnifique et durable, éclipsa d’autres succès remportés précédemment par le nouveau duc Henri de Bavière, et même toutes les guerres de cette époque. Et pourtant cet événement, d’une si haute réalité historique, est surchargé de légendes par la tradition magyare; la tradition germanique elle-même parle de visions qui auraient précédé la bataille et cherche à lui donner une teinte de merveilleux1. Il est certain qu’elle eut au plus haut degré le caractère d’une résistance nationale et chrétienne. L’Allemagne tout entière, Nord et Midi, Saxe, Souabe, Franconie, Bavière, était représentée dans le camp germanique sous la forte main du roi saxon à la taille élevée, aux yeux bleus menaçants, à la blonde et léonine chevelure. L’ambassade hongroise, envoyée peu auparavant en Allemagne, peut-être avec l’intention d’observer ou de faire naître de nouvelles luttes intérieures, n’avait pu constater que cette union toute nouvelle. Les princes allemands communièrent entre les mains de l’évêque Ulrich d’Augsbourg et se donnèrent le baiser de paix ; des reliques vénérées semblaient assurer leur triomphe ; un jeûne destiné à expier les péchés de l'armée précéda l'engagement. Les Hongrois ne pouvaient opposer à cette ardeur patriotique et religieuse que leur zèle païen prêt à s’éteindre, et que leur élan guerrier affaibli par soixante ans de combats.
Ils conservèrent toutefois, au début de ce choc décisif, leur fougue irrésistible. Ayant levé le siège d’Augsbourg, ils entourèrent près du Lecli l’armée allemande, écrasèrent les Bohèmes auxiliaires. Mais Conrad de Lorraine, repentant