‹ Histoire générale des Hongrois (tome 1)Chapitre 4 sur 179 · C. — Pièces de provenance étrangère · texte numérisé non relu

C. — Pièces de provenance étrangère

Si le royaume de Saint-Étienne passe avec raison pour un des pays de l’Europe les plus caractérisés et les plus isolés du point de vue de la race et de la langue, il n’en est pas moins vrai que ce sol fertile et cette nation de braves ont été gouvernés et convoités par plusieurs maisons souveraines étrangères : de là des rapports d’alliance ou d’hostilité qui ont laissé des traces dans les archives du Nord et du Midi et qui sont révélés par des publications en grande partie récentes.

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L’Italie se présente la première par ordre de dates, et sous deux aspects différents, Naples et Venise. La politique des Angevins-Napolitains dès Charles d’Anjou, celle de ses descendants les Angevins de Hongrie à l’égard du royaume de Naples pendant le xiv° siècle, la lutte du roi Louis 1er contre Venise, tels sont les grands faits expliqués par une collection de M. Wenzel, qui, nous le verrons, est utile même pour rhistoire de France. M. Wenzel et quelques-uns de ses confrères ont aussi extrait des archives de Venise des détails concernant les projets d’union entre les dynasties hongroises et les maisons de France et de Milan. Sur une époque plus rapprochée de nous, le xvme siècle, l’Académie de Vienne a publié une série intéressante : les rapports des ambassadeurs vénitiens à la Cour d’Autriche, qui montrent que la diplomatie de cette république, jusque dans l’extrême décadence, avait conservé son habileté à observer les dispositions et les caractères des populations.

Les États de Charles-Quint ne comprenaient pas la Hongrie dans leur vaste ensemble, puisque la Hongrie appartenait, non sans compétition, à son frère Ferdinand ; mais elle prenait une grande place dans les préoccupations et dans la politique de l’illustre empereur. Il en résulte que sa correspondance, extraite par Karl Lanz du précieux fonds de Bourgogne de Bruxelles est un des matériaux de cette histoire. De plus, M. Hatvani a tiré des mêmes archives et de la même bibliothèque une collection complète des pièces intéressant son pays. Une autre capitale de Charles-Quint, Besançon, fournit dans les papiers de Granvelle plus d’un utile renseignement. De son côté , la politique française dans le Levant, dont les documents ont été publiés par M. Charrière, avait, dans le parti national Hongrois qui reconnaissait pour roi Jean Zapolya, un de ses principaux objectifs. Nous devons aussi bien des informations à la correspondance de Napoléon pour les événements du commencement de ce siècle.

L’Angleterre a été, dès le moyen-âge, une de nos sources

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de documents, grâce à la curiosité de Mathieu Paris, qui lui a fait recueillir une foule de lettres relatives à l'invasion des Mongols. Plus tard la politique de Henri VIII relativement à la rivalité de Ferdinand et de Jean Zâpolya, qui était au fond celle de Charles-Quint et de François 1er, celle de Cromwell, jarotecteur de toutes les minorités protestantes sur le continent, celle des ministres de la reine Anne au sujet de Finsurrection de François Râkôczy, ont fait l’objet des recherches et des publications de M. Simonyi. Cette dernière montre, pendant la guerre de la Succession d’Espagne, tout un côté de la politique des puissances protestantes. Notons en passant que la correspondance des réformateurs concerne assez souvent la Hongrie. Enfin les lettres de Lady Montagu renferment une curieuse description de ce pays en 1717.

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