‹ Histoire générale des Hongrois (tome 1)Chapitre 42 sur 179 · Kézai. II. ch. i · texte numérisé non relu

Kézai. II. ch. i

LES ORIGINES ET L’ÉPOQUE PAÏENNE

Otton le Grand pour le féliciter de sa victoire se trouvait le savant empereur d’Orient, Constantin Porphyrogénète l. Ses relations avec Taksony n’avaient pourtant pas été mauvaises, il avait même essayée d’introduire en Hongrie l’influence byzantine : dans un séjour à Constantinople, ce même Bulcs, dont nous avons raconté la fin tragique, avaitété converti au christianisme, ainsi qu’un chef de Transylvanie nommé Gyula, et avait reçu le titre de patrice ; le patriarche avait consacré « évêque des Turcs » un certain Ifiérothée, qui s’occupa de la conversion des Magyars. Il n’en est pas moins vrai que les allures belliqueuses de semblables voisins étaient pour l'Empire une menace perpétuelle. En 958, la guerre recommença et le patrice Pothos Argyros fut vainqueur : Taksony ne rencontrait plus de tous côtés que des désastres. Il essaya plus tard de profiter des guerres compliquées entre les Bulgares, les Russes, les Petchénègues et les Grecs; mais la tactique rusée du vieil Empire déjoua ses ennemis. Toute conquête devenait impossible en Orient comme en Occiden t, et les Magyars priren t le parti de combattre com me auxiliaires, tantôt dans l’armée de Byzance, tantôt dans le camp de ses ennemis.

Il fallait maintenant se prémunir contre des représailles, et appeler des peuples congénères à la défense du pays. Taksony, suivant l’exemple déjà donné par Zoltan, établit des Bulgares venus du Volga dans la région où plus tard Pesth fut bâtie, des Petchénègues près du lac Fertô et sur les bords de la Tlieiss. Mais ce n’étaient là que des remèdes insuffisants : il fallait renouveler la nation par un changement radical, ou se résigner à la voir suivre les Iluns, les

l . Rambaud. 3;>6 et suiv.

Avares, les Bulgares, dans la série des peuples formidables peu à peu absorbés ou détruits.

Le successeur de Taksony, Geiza (972-997) \ comprit cette situation mieux que son père, et il ouvrit la voie à son propre fils le roi saint Etienne. Ce règne n’appartient vraiment plus à la période païenne de l’histoire de la Hongrie. Signalons toutefois une dernière expédition en Allemagne des Magyars non encore convertis. Tant que vécut Otton le Grand, il n’y avait eu avec l’Empire que des échanges d’ambassades et de présents; Mais Henri de Bavière, devenu le beau-père et l’allié de Geiza, fut le rival de Tempereur Otlon II. Les Hongrois sortirent de leurs frontières, qui s’avançaient alors jusqu’au coude du Danube où s’élève la belle abbaye de Mœlk, et se répandirent dans l’évêché de Passau, hostile au duc de Bavière. Alors l’empereur détacha de la Bavière l'Autriche actuelle, en faveur de Léopold de Babenberg, lequel vainquit les Hongrois et les rejeta jusqu’auprès de Vienne. Désormais une nouvelle puissance militaire allait arrêter leurs efforts, et ils comprirent que c’en était fait de leur ancienne vie d’aventures.

1. M. Szabo, dans un travail important sur ce prince (Buda-Pesti Szemle de 1865), l’appelle Gyejcs; il écrit Zsolt pour Zoltân et Taks pour Taksony. M. Ilorvâth, cpii écrit aussi Zsolt, trouvant dans quelques documents le nom de Geiza écrit Geicli, croit pouvoir le rapprocher du chinois keli, victoire ( Tôriénelme , 1, 100).

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