‹ Histoire générale des Hongrois (tome 1)Chapitre 46 sur 179 · Y . au ch. i · texte numérisé non relu

Y . au ch. i

LES ORIGINES ET L’ÉPOQUE PAÏENNE

générale, mais elles n’empêchaient pas chaque tribu de faire des expéditions pour son propre compte. D’autre part, la tribu n’étant pas une nation et n’y prétendant en aucune sorte, la Hongrie ne risquait pas de se morceler en un grand nombre de petites républiques guerrières ou de petites principautés; dès cette époque nous remarquons dans ce pays un heureux équilibre de l'unité nationale et de l’indépendance locale qui lui a donné la force de survivre à d’affreux malheurs.

La puissance ducale rencontrait d’autres limites que l’autonomie relative des tribus. D’abord elle n’était pas précisément héréditaire; elle procédait d’une élection ou d’une acclamation, toujours il est vrai dans la famille d’Arpâd, mais sans que l’ordre de prin. ogéniture fut rigoureusement consacré par l’usage ou par la loi1. Ensuite elle était contrôlée par celle du gylas et du kar-kan, d’un pouvoir judiciaire suprême et de l’assemblée générale des chefs assistés de nombreux hommes libres2. Enfin, les vainqueurs n’étaient pas dispersés au milieu des vaincus, comme les Normands le furent au milieu des Anglo-Saxons ; ils formaient une masse compacte dans la plaine, au centre du pays, et n’ayant pas à redouter un soulèvement général de la population conquise, ils n’éprouvaient pas le besoin de se ranger sous l’autorité absolue de leur prince. Aussi voyons-nous que de très-bonne heure les souverains de la Hongrie, pour fortifier leur pouvoir, firent venir des étrangers, tantôt des Bulgares, Cumans ou Petchénègues3, milices toutes prêtes

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