‹ Histoire générale des Hongrois (tome 1)Chapitre 55 sur 179 · Fejér, I, 337 et suiv · texte numérisé non relu

Fejér, I, 337 et suiv

3. Observation trèsyjuste de M. de Giesebrecht, (1. cit. I, 741), qui a très-bien déterminé en passant le caractère des lois d’Étienne.

LES ROIS DE LA RACE D’ARI’AD

imputées à des étrangers1. Pendant tout le onzième siècle, et plus tard encore, libres dans leur commerce et dans leur culte, purent subsister de nombreux juifs et quelques musulmans.

Cette tolérance relative et de fait ne s’étendait pas au paganisme national, qu’E tienne voulait exterminer. Il crut y arriver sûrement à force d’exigences fiscales et de pénalités. Outre le paiement des dîmes, les villages ou domaines d'une certaine étendue devaient se cotiser dix par dix pour construire et entretenir une église, et pour lui assurer des terres, des chariots traînés par des chevaux et conduits par des valets, six bœufs, deux vaches, trente têtes de petit bétail2. Qui n’observait pas les fêtes et le carême jeûnait huit jours en prison. Oui troublait le service divin était fouetté et tondu3. Qui n’observait pas le dimanche se voyait dépouiller de son bétail et de ses vêtements, à moins de les racheter « par sa peau » c’est-à-dire par une bastonnade4. Ceux qui s’écartaient de la religion chrétienne devaient être avertis plusieurs fois par l’évêque, puis livrés à la justice laïque. Enfin celui qui n’était pas baptisé ne recevait pas de sépulture honorable 5.

1. C’était aussi un étranger, venu de Pologne, que le premier ermite de Hongrie : v. la Vüa S. Zærardi dans Endliclier.

2. Decem villæ ecclesiam ædificent, quanti duobus niansis loti— demque mancipiis dotent, equo etjumento, sed bubus et duabus vaccis, triginta minutis bestiis . Vestimenta vero et coopertoria rex provideat, presbyterum et libros episcopi (II, 1).

3. Qui murmurant vel loquuntur hora missæ, in atrio ecclesiæ, pro tanta lemeritate coram omnibus ligentur, et corripientur flagellis ac cesura capillorum (I, 19).

4. Tollantur instrumenta et vestimenta. quæ, si velit. cute redimat (1,9).

La loyauté, prodigue de menaces contre les laïques dont la conversion se faisait attendre ou dont la soumission paraissait peu sincère, était prodigue de ses dons à l’égard des monastères plus encore que du clergé séculier. La seule abbaye de Pécsvârad (en latin ad radices montis ferrci) ne possédait pas moins de onze cent mansiones groupés en quarante villæ, mesures carolingiennes adoptées dans le nouveau royaume l. Pour le service de ses champs et de ses bâtiments, le même monastère avait six cents charretiers ou cavaliers, plus de cent vignerons et quantité d’autres domestiques, dont l’énumération permet de reconstruire par la pensée le plan de cette abbaye, certainement pareille à l’abbaye de Glunv , et rendant les mêmes services à l’agriculture. Gomme en France, quelques domestiques étaient consacrés à recevoir et à soigner les malades et les voyageurs. Etienne songea aussi à ménager des refuges de ce genre aux pèlerins hongrois qui se rendraient en Italie ou en Terre Sainte : des hospices furent bâtis pour eux à Ravenne. à Rome et à Jérusalem .

Les immunités du clergé furent à peu près les mêmes en Hongrie que dans le reste de l'Europe, si ce n’est queles droits du roi sur l’Eglise, ou plutôt exercés parlui dans la direction de l’Eglise, étaient plus étendus que dans aucun autre pays au onzième siècle. On ne pourrait guère les comparer qu’au gouvernement ecclésiastique de Charlemagne : c’était moins des synodes, bien qu’il y en ait eu un très-important en 1016, dans la ville primatiale2, que des assem-

1. Fejér, I, 290 — Le même recueil contient beaucoup de documents analogues.

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