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HISTOIRES ET ÉTUDES DIVERSES

A. — Histoires et études dont les auteurs sont magyars.

Les ti avaux généraux ou spéciaux, comprenant plusieurs volumes ou concentrés ende simples brochures, dans lesquels l’histoire de Hongrie est exposée avec érudition et critique, sont presque tous très-modernes et datent même plutôt du milieu que du commencement de notre siècle. Toutefois, il serait injuste de ne pas tenir compte des laborieux précurseurs du xviii6 siècle , Palma et Mathias Bél , qui ont composé de grands ouvrages d’ensemble, l’un historique, l’autre descriptif ; Benkô grand érudit, surtout pour la géographie ecclésiastique; Haner, Wallaszki, Horànyi, les fondateurs de l’histoire littéraire et de la biographie, les auteurs de la première revue savante et nationale fondée à Presbourg dès le règne de Joseph II. Il faut accorder moins d’attention à des compilateurs quelquefois partiaux , tels que les Jésuites Kazy, Timon, Schmitth, Kaprinai. Nous devons cependant

signaler une fois de plus le rôle important joué par le clergé catholique dans l’historiographie nationale.

Une seconde période de préparation s’étend de 1800 à 1840 environ. Alors commencent les ouvrages de vulgarisation accessibles à tous les lecteurs : aux Siècles magyars de Virag racontés en langue nationale, succèdent les grandes Histoires de Fessier et de Majlâth. Les recherches accessoires, nécessaires à l’édification d’un monument historique, font chaque jour des progrès, comme l’attestent et la publication des vieux textes par Dobrentei, et les travaux de numismatique de Schœnvisner, et les albums archéologiques commencés par Fr. Ivubinyi, et les brochures que ses grandes publications de diplômes n’empêchaient pas Fejér de composer. Il ne faut pas oublier non plus les recherches dans le domaine de la paléographie, de la géographie ancienne et delà géographie administrative moderne, entreprises par Schwartner, Katansics et Kovachich.

Enfin, ces trente dernières années n'ont pas été moins fécondes en études historiques qu’en publications de documents. La Hongrie a trouvé dans M. Horvâth et dans Szalay des historiens nationaux qui ont su embrasser dans son ensemble, avec tous les renseignements possibles, le passé de leur pays. De plus, elle a vu paraître un grand nombre d’ouvrages spéciaux, dont nous indiquerons seulement les principaux en les divisant en cinq séries : études d’une époque particulière, études d’une région ou d’une ville à part, études d’histoire juridique, puis d'histoire ecclésiastique ; enfin d’études d’archéologie, de mythologie, d’ethnographie, etc.

Les grandes guerres contre les Turcs surtout ont fait l’objet d’ouvrages spéciaux, dont le plus vaste est celui du comte Joseph Teleky sur l’époque des Hunyade, époque également étudiée par H M. Kiss et Iinauz. Jaszay a décrit l’état du pays après la bataille de Mohâcs. Szalay et Hatvani ont fait le portrait politique des principaux personnages du xvne siècle. M. Panier s’est occupé des rivalités militaires du

NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE

xvi*. M. Salamon a réuni en un livre capital les traits, épars dans une foule de documents, de la Hongrie soumise à l’occupation turque, et M. Szilagyi a commencé un grand ouvrage sur les princes de Transylvanie, dont mieux que personne il connaît l’histoire.

C’est également M. Szilagyi qui, avec son Histoire de Transylvanie, occupe le premier rang dans la série des études régionales et locales. A côté de lui se présentent M. Szabo avec ses études approfondies sur les premiers temps, M. Jakab, avec son histoire de la ville de Ivlausenbourg, M. Szücs, avec son histoire de Debreczin, M. Ilornyik, avec celle de IÂecskemet, M. de Zieglauer et surtout M. Teutsch avec son histoire des Saxons de Transylvanie.

L’ouvrage le plus général d’histoire juridique est le Commentaire de Bartal ; plus récents et plus approfondis sont les travaux de M. Hajnik sur les différences qui séparaient au moyen-âge la Hongrie de l’Europe féodale, et sur la condition des Juifs. Szlemenics a suivi l’histoire des lois à travers l’histoire politique. Czech a étudié l’ancienne question du serment à la constitutibn, et M. Pesty celle du duel judiciaire considéré comme institution hongroise.

L’histoire ecclésiastique catholique a surtout été étudiée par Lânyi. Jerney a fait des recherches érudites sur les églises et les couvents. Le recueil intitulé Cahiers de Gvor est en grande partie consacré aux travaux de ce genre ; et le plus grand des polémistes catholiques, le cardinal Pâzmâny, a trouvé un biographe des plus compétents dans M. Fraknôi. Les protestants ont continué à beaucoup écrire sur l’histoire de leurs églises et de leurs écoles : outre l’auteur anonvme d’un livre considérable publié en allemand, il faut citer ici l’histoire du Collège de Saros-Patak, par J. Szombath, publiée seulement de nos jours, diverses études de M. Pévész, et une courte histoire générale par M. Balogli. L’histoire de Debreczin est d’ailleurs toute une partie de l’histoire de la réforme hongroise.

Reste à dire quelques mots des sciences en quelque sorte

latérales qui rendent des services à l’histoire. L’archéologie, avec MM. Romer, Erdv, Henzltnann et Ipolyi, a étudié les monuments et les médailles de toutes les époques et consigné les résultats de ses recherches dans les précieuses communications archéologiques de l’Académie. La géographie statistique a fait d’immenses progrès, dont le signal a été donné par Fényes il y a trente ans, et suivi plus récemment par M. ÎÂonek et Jean Hunfalvy. Le frère de celui-ci, M. Paul Hunfalvy a surtout pris la géographie au point de vue ethnographique et philologique. Successeur de Gyarmathy et de Reguly, prédécesseur de M. Budenz et de toute une école aujourd’hui florissante, il a rattaché les Magyars à la branche la plus favorisée de la race oural-altaïque, contredisant en cela et avec toute raison, l’érudition précieuse mais trop hardie de Jerney, et les préjugés de ses compatriotes. La mythologie est surtout représentée par MM. Ipolyi etGsengery. Enfin M. Toldy pour l’histoire littéraire, M. Fogarassy, pour la lexicographie nationale, doivent figurer dans cette énumération qui 11e serait complète que si l’on dépouillait la Revue de Pesth, les Annuaires de l’Académie et ses diverses publications par cahiers, comme aussi les travaux des sociétés savantes telles que la Société d’Ilistoire nationale et que la Société littéraire qui porte le nom du poète Kisfaludy.

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