Histoires et études de provenance austro-slave
Le mouvement qui porte les esprits aux recherches historiques , surtout depuis quarante ans , est général dans l’Orient comme dans l'Occident de l’Europe : en même temps qu’il se produisait en Hongrie, on a pu le remarquer dans les autres États de la monarchie autrichienne, à Vienne et à Prague en particulier. Dans tous ces différents pays la tendance est la même, essentiellement nationale dans le sens le plus strict du mot, ou plus exactement ethnographique : le patriotisme de race 11'est nulle part aussi fort que
NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE
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dans ces régions compliquées quant à l’origine et quant au langage de leurs habitants. Aussi l’histoire de Hongrie, dont il est souvent question à propos des guerres ou des alliances, est-elle traitée dans ces pays tout autrement qu’elle ne l’est par les écrivains magyars.
Cette observation s’appliquant aux Slaves plus qu’aux Allemands de Vienne, c’est par eux qu’il importe de commencer. La grande histoire de Bohême de M. Palacky est une source indispensable de renseignements et d’appréciations utilement complétés par les travaux de Schafarik, celle de Moravie par M. Dudik est malheureusement beaucoup moins avancée ; elle n'est pas moins savante et détaillée, mais le patriotisme slave y est beaucoup moins énergique. M. Gindely s’est occupé surtout du règne de Rodolphe et des préliminaires de la guerre de Trente- Ans, époque qui intéresse la Hongrie, moins que la Bohême il est vrai. Deux Croates, l’un au xvni* siècle, l’autre de nos jours, Ratkai et M. Racki, ont fait des recherches sur l’histoire des Bans de Croatie et sur les origines du droit public et de l’ indépendance nationale. Enfin deux savants de premier ordre, MM. Czœrnig et Miklosich ont fait, l’un la statistique ethnographique du royaume de Hongrie comme du reste dè 1 Empire, 1 autre, la statistique des mots slaves incorporés, à diverses époques, dans la langue magyare.
Nous n’avons que peu de chose à tirer des anciens historiens et des historiographes de la maison d Autriche, tels que de Roo et Khevenhüller. A la fin du dernier siècle, Kollar, et au commencement du nôtre, Demian et Hormayr sont plus instructifs. Mais c’est surtout avec Hammer, avec son Histoire de l’Empire Ottoman et son Histoire de la Hoide Dorée que les travaux autrichiens prennent un haut intérêt au point de vue de l’histoire hongroise. L’histoire populaire de l’ Autriche, véritable monument sous son titre modeste, nous offre les appréciations intéressantes de MM. Krones, Hôfler, Jæger, etc., qui complètent celles de Lichnowsky dans son histoire des Habsbourg. M. Adam Wolf a tiié des
Mémoires du Prince Joseph Khevenhüller un tableau de la cour de Marie-Thérèse, et M. Gross-Holïiitger a composé la meilleure étude sur Joseph II. Mais on doit mettre hors de pair les deux grands ouvrages, admirablement documentés, de M. d’Arneth : l’Histoire du prince Eugène et l’Histoire de Marie-Thérèse.