‹ Histoire générale des Hongrois (tome 1)Chapitre 61 sur 179 · Herimannus Augiensis, a. 1039, dans Pertz, V · texte numérisé non relu

Herimannus Augiensis, a. 1039, dans Pertz, V

LES ROIS DE LA RACE D’ARPAD

pour le moins au seuil de la vieillesse. Nul doute qu’il n’ait eu pour lui les païens secrets ou déclarés ; il ne l’était pourtant pas lui-même, car, dans ses vastes domaines, il rivalisait avec le roi de zèle à construire des monuments religieux; mais il avait surtout pour lui tous les ennemis des étrangers, ce qui explique l'acharnement avec lequel les chroniqueurs allemands ont poursuivi sa mémoire1.

Pierre n’avait pas seulement blessé ses sujets, il avait aussi blessé les princes ses voisins : le roi de Pologne l’ayant prié de retenir chez lui un certain prince qui le menaçait, Pierre lui répondit, non sans quelque raison : « Je ne suis » pas votre geôlier2. » Lorsqu’il se vit abandonné et sur le point de tomber aux mains de son rival, il ne put s’enfuir que du côté de l’Allemagne, auprès de son beau-frère, le margave Adalbert d’Autriche, qui lui obtint le pardon de Henri III 3. Il eut la faiblesse ou l’égoïsme de se déclarer le tributaire de l’Empereur, pourvu que celui-ci le replaçât sur son trône. La Hongrie eut dès lors à se préserver d une suzeraineté plus menaçante que les prétentions du Saint- Siège, et d’une puissance militaire qui était alors la plus redoutable de beaucoup.

1. Us l’appellent Ovo. Le chroniqueur qui vient d’être cité parle plusieurs fois de ses perfidies et de ses crimes ; les Annales de Saint— Gall, a. 1043 et 2030 (Pertz, I), le traitent de regulus , de rex aclulterinus, mais sans beaucoup ménager Pierre : Quamdiu regnavit in multis prævaricator exstitit. — Raoul Glaber, mal informé de ce qui se passait dans un pays aussi éloigné, croyait que c’était Abbo que Henri III voulait imposer à la Hongrie.

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