‹ Histoire générale des Hongrois (tome 1)Chapitre 70 sur 179 · Non aboculetur. (Art. SI · texte numérisé non relu

Non aboculetur. (Art. SI

.3. Nullus præsumat sæcularis juàicis sigillum clevico dure. Art. 14.

4. Nullus .Juclæus christianum mancipium emere vel vendere audeat. — Nemo servum in genere Hungarorum vel quemlibet in Hungaria natum alienigenam, nec ancillam, exceptis linguæ alterius ervis, qui ab aliis ducli sunt regionibus, vendat. {Art. 74 et 77).

LES ROIS DE LA RACE D’ARPAD

autant du droit et du devoir personnel de chaque homme libre; c’est la terre qui fournit les guerriers plutôt que ce n’est la nation, car c’est d’après la terre que se fait la répartition des charges militaires. Pourtant le système financier, avec la capitation des hommes libres, reste tout à fait monarchique, en y comprenant les réquisitions du roi et de ses agents pendant leurs voyages.

Les étrangers continuent à être bien reçus, témoins entre autres ces Italiens du midi qui accompagnèrent la reine Busilla et ne retournèrent pas dans leur patrie; mais, quelles que soient les dispositions personnelles du roi, la législation devient toujours plus restrictive à l’égard des non-chrétiens; elle cherche à disperser les Mulsumans, toujours nommés Ismaélites, qui, jusque-là, se groupaient en villages compactes; elles les oblige à entretenir des églises; elle cherche visiblement à les ruiner, mais elle ne les décourage pas plus que les Juifs. Ceux-ci se trouvaient toujours mieux en Hongrie qu’en Allemagne, dans ce temps de massacres ; aussi affluèrent-ils. malgré les lois qui les traitaient comme des étrangers et comme des gens habitués au recel des objets volés, car ils ne pouvaient rien acheter à un chrétien sans des formalités minutieuses.

Les actes d’un important synode tenu à Gran et divers traits de la vie de Ivoloman nous le montrent tantôt trèsferme vis-à-vis de la Cour de Rome, tantôt obligé de céder plus queue l’aurait fait son prédécesseur '. Ainsi le célibat des prêtres devient obligatoire : aucun ne pourra se marier après avoir prononcé ses vœux; s il est déjà marié il doit re-

1. Sacra concilia, I, 40 et 52. Kovacliich, dans ses Vestigia, p. 68, remarque l’absence de toute trace révélant l’existence d une dicte, sous Koloman avant 1111.

noncer à vivre avec sa femme : en tout cas nul ne peut paraître à l'autel s’il vit encore dans l’état de mariage. Pour éviter le népotisme, résultat que ne conjure point le célibat là où l’Église est riche, il est décidé que quand un évêque aura songé à sa famille plus qu’à ses devoirs ecclésiastiques, la moitié de ses biens appartiendra à l’Église après sa mort. L’autorité de l’évêque en toutes choses s’étend et se fortifie. Une grande concession du roi en 1106 fut d’abandonner au pape le droit d’iiivestiture4, réclamé depuis longtemps parla Cour de Home.

En revanche il ne voulut jamais admettre que les nouveaux prélats dussent prononcer un serment qui les aurait mis dans l’absolue dépendance du pape ; il ne voulut jamais qu’un synode prétendît se passer de son autorité. Il organisa à lui seul l’église dalmate, en consultant seulement une réunion de nobles et d’évêques. Enfin le synode ordonna des prières quotidiennes pour le roi et déclara excommuniés ceux qui conspireraient contre lui ou ne révéleraient pas le complot.

Hélas, c’est dans la famille même du roi que se trouvèrent les conspirateurs. Non-seulement il eut le chagrin de répu-* cher pour adultère sa seconde femme, une princesse russe; mais son frère Alrnos, auquel il avait donné, en échange de la Croatie, un vaste apanage sur les bords de la Theiss, rouvrit la déplorable série des guerres civiles. On ne trouverait aucun intérêt dans le récit de ses quatre ou cinq conspirations chaque fois pardonuées, grâce à la modération de Koloman et à l’intercession des grands et des évêques. Le dernier complot fut le plus grave, parce que le prince ambitieux alla

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