I . Au concile de Guastalla. Fejér II
LES ROIS DE LA RACE D’ARPAD
chercher des secours eu Allemagne, et revint assiéger Près bourg avec l’empereur Henri V, mais sans aucun succès. Almos dut cette fois aller en Terre Sainte, mais il en revint pour conspirer encore. La patience du roi était à bout : il donna l’ordre de crever les yeux à son frère et au fils de son frère, âgé de cinq ans '. Cette dernière et inutile barbarie, dont il se repentit trop tard, abrégea les jours du souverain remarquable que l’on a comparé au très-moderne Joseph II1 2, et qui lui fut certainement supérieur en tact politique (1 1 14).
Une fin aussi déplorable pour le caractère de Koloman ne doit pas faire oublier le mérite sérieux de son règne, qui n’est même pas dépourvu de tout intérêt littéraire. La langue nationale n’était point encore étouffée par le latin ; il est certain que les lois recueillies par Albéric ont d’abord été rédigées en hongrois3; de plus on expliquait au peuple en langue vulgaire les principales prières et les cérémonies de l’Eglise. Des écoles se fondaient en assez grand nombre sous le règne du roi Libraire. Ces progrès, ceux du commerce, l’énergique maintien du pouvoir monarchique, malgré les inévitables progrès de la féodalité, la conquête peu sanglante et sagement réglée d’un nouveau royaume; tout cela nous montre qu’au début du douzième siècle la Hongrie chrétienne et civilisée avait trouvé son équilibre intérieur en même temps
que ses limiles.
1. Cosmas de Prague (Perlz, IX, p. P24), renchérit encore sur la vérité : Almum et filium ejus mentula privavit et lumine.
2. Kœnig Koloman und Kaiser .Josef , publié par Prély, Pestli, 1857.
3. C’est ce que prouvent, non-seulement les termes de la lettre écrite pur Alberic à Parchevêque de Gran : Tu qui in hujus populi linguæ genere minus me promptum considéras... errata corrigens; mais aussi de nombreuses tournures hongroises reconnaissables sous la traduction latine.