Sic Dalmatiæ recuperato dominio , acceptis obsidibus, cum
Tout le pays était donc perdu; les conseillers d’Étienne TI voulurent prendre une revanche immédiate, et cette fois ils déployèrent beaucoup d’énergie. Une nouvelle armée vainquit et tua le doge Ordelafio 1 ; son successeur, le vieux Domenico Michieli, ne voulut pas continuer cette lutte inégale sur la terre ferme; mais ses habiles ambassadeurs obtinrent un traité qui laissait aux Vénitiens ce qui leur était vraiment utile, la possession dé Zara et des îles, c’est-à-dire le commerce maritime et un lieu de débarquement. La Dalmatie continentale fut bientôt réconciliée par une sage politique : on voit par exemple qu’à l'avènement de Geiza II, l’archevêque de Spalato, Gaudius, lui apporta les hommages de ses sujets méridionaux, qui reçurent à cette occasion les privilèges les plus étendus pour la liberté de leur négoce. Ces populations, essentiellement commerçantes, ne tardèrent pas à comparer la rusée, mais dure et jalouse domination de Venise avec la domination par moments brutale et guerrière, mais après tout libérale, des souverains hongrois. Leur clergé, très-jaloux de son indépendance, supportait avec peine la suprématie, imposée par Saint-Marc, du patriarche de Grado. Il n’est donc pas étonnant qu’ils se soient une troisième fois soulevés (1 171) 2, et n’aient fait qu’une soumission apparente. Lorsqu’en 1180 le palatin Farkas parut en Dalmatie avec un petit corps de troupes, les habitants de Zara se soulevèrent encore. Une flotte vénitienne s’efforça vainement de les réduire ; un peu plus tard, elle fut attaquée dans les eaux de Trau par les Hongro-Dalmates qui restèrent
præda captivorum Venelias rediit. — Cette courte phrase de Dandolo en dit beaucoup sur la domination vénitienne en Dalmalie.