‹ Histoire générale des Hongrois (tome 1)Chapitre 76 sur 179 · Ibid. cli · texte numérisé non relu

Ibid. cli

» royal, un tiers seulement restant au comte, et que dans » une aussi vaste région, le roi seul a le droit de battre » monnaie. » (Suivent les détails déjà connus sur la manière de rendre la justice.) « Si le roi veut conduire une armée, » tous sans résistance aucune s’assemblent comme en un » seul corps. Les colons, qui demeurent dans les villages, » arment un d’entre eux sur dix ou sur huit, les autres » restant pour cultiver la terre. Ceux qui sont de l’ordre » des guerriers 11e peuvent demeurer chez eux que pour un » grave motif, les hôtes eux-mêmes entourant le prince. » Ils sont presque tous laids, et leurs armes sont laides, à » moins qu’ils n’aient été formés par les hôtes, ou qu’ils » n’en descendent, auquel cas ils imitent et le courage, et » la manière de combattre, et les armes brillantes de nos » guerriers. »

Lorsque Frédéric Barbei’ousse fut devenu empereur, les difficultés de sa politique en Italie l’obligèrent à ménager les Hongrois, qu’il aurait voulu soumettre b II renonça au projet un moment formé de protéger le prétendant Étienne contre son frère Geiza II, et obtint (1158) une troupe d’élite d’archers à cheval magyars qui contribua, dans l’armée du duc d’Autriche, à la prise de Milan. Ce qu’il aurait désiré plus encore, c’eût été de voir reconnaître par ses voisins l’anti-pape impérialiste Victor IV, et il sembla obtenir cette reconnaissance au concile de Pavie. Mdis le primat Bdnfy, zélé partisan de la Cour de Rome, réussit à rapprocher son souverain d’Alexandre III; il y réussit au point que Geiza, qui avait conservé un bon souvenir du passage de la croi-

1 . Otto de Frisingen, II, 236 : Ungaris bellimi indicere, ipsosque ad monarchiæ apicem reduccre volebat. Sed ad opportuiiiora tempora dislulit.

LES ROIS I)E LA RACE D’ARPAD

sade de Louis VII à travers ses États, écrivit au roi de France pour faire alliance avec lui contre l’Empereur, auteur du schisme1. Les relations avec la France devinrent aussi plus fréquentes et aboutirent au mariage de Bêla III avec Marguerite de France. Les étudiants hongrois commencèrent à venir à Paris : l'un d’eux y étant mort, l’évêque de Tournav écrivait que ce jeune homme avait laissé une bonne réputation, et que ses parents n’avaient à payer aucune dette2.

Pendant les alternatives d’amitié et d’hostilité avec l’Empire, alternatives compliquées d’alliances de famille avec les ducs d’Autriche, une partie de la haute noblesse allemande continuait à venir s’établir en Hongrie. Plus tard (1 183), on vit arriver à la cour de Bêla III l’archevêque de Mayence, demandant pour l’armée impériale, qui marchait à la délivrance de la Terre Sainte, le libre 'tassage et le droit d’acheter des vivres. Chose singulière, à mesure que le zèle pour la croisade tendait à diminuer en Occident, ce zèle au contraire commençait à se montrer en Hongrie : si Bêla n'alla pas en Palestine plus que ses prédécesseurs, il regretta de n’y pouvoir aller, et il ht vœu de s’y rendre un jour. En attendant, il accorda avec empressement tout ce qu’on lui demandait ; des magasins de vivres furent préparés sur la route des croisés3. Lorsqu’à la lin de mai 1189 l'Empereur, qui s’était mis avec son armée sur une flottille à Batisbonne, débarqua devant Presbourg, le roi vint à sa rencontre pour l’amener à son palais, où plusieurs journées se passèrent dans les réjouissances, et où Constance, fille de Bêla, fut fiancée avec le duc deSouabe. Bientôt ce furent des

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