Geschichte der Mongolen oder Talciren , Breslau
2. V. outre la lettre de Julien dans Erben ( loc . cit.) Ricardus de Facto Ungariœ magyiœ, dans Endliclier.
3. Litet'œ autem, dit Julien, scriptœ sunt literis paganis et lingua
tartarica.
LES ROIS DE LA RACE D’ARPAD
pondu à aucun de mes trente messages. J’ai appris que tu avais accueilli les Cumans nos esclaves : je t’ordonne de ne pas les garder plus longtemps dans ton royaume. Avec leurs tentes il leur est possible de s’échapper ; mais toi qui as des maisons, des châteaux et des villes, comment m’échapperais-tu 1 ? » On put bientôt se convaincre que ce n’étaient pas là de vaines menaces : à la fin de 1240, la destruction de Kiew et l’effroyable état de la Russie entièrement conquise faisaient prévoir les plus grands malheurs. On disait qu’un demi-million d'hommes, venus de l’Asie centrale, s’approchaient des frontières2, forts de leur vitesse acquise et de leurs succès ininterrompus.
Quelles étaient à ce moment suprême les dispositions des Hongrois, et quelle était la situation intérieure de leur pays? La prospérité, assez grande depuis quelques années, les rendait insouciants de l’avenir. Thomas de Spalato les accuse de mollesse : les jeunes gens, selon lui, dormaient jusqu’à onze heures du matin, et vêtus d’habits plus convenables pour des femmes, consacraient leurs journées au plaisir. Se moquant des comètes et des éclipses, ils ne voulaient pas croire à l’invasion ; ils disaient que c’était un prétexte imaginé par les évêques pour ne pas se rendre au concile3. Un de ces prélats, dont le nom et le diocèse sont restés inconnus, mandait à l’évêque de Paris des renseigne-
1. g Ego Chayn, nuncius regis cœleslis, cui dédit potentiam super » terram, subjicientes mihi se exaltare et deprimere adversanles. » Miror de te, Hungarorum régulé !... »
2. Roger, ch. xix. Il va sans dire que ce chiffre reproduit par les chroniqueurs et les historiens modernes, n’est pas môme approximatif.