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QUESTION ITA¬ LIENNE. — LES, GRACQUES

L’état de guerre continuel avait amené la ruine des petits cultivateurs et favorisé le dévelopirement d’immenses propriétés (latifundia) , où l’élevage, plus lucratif, s’était substitué à la culture des céréales, et où le travail servile ne laissait que peu de place aux travailleurs libres La plèbe urbaine s’était grossie démesurément des paysans chassés de la cam[)agne. La noblesse enrichie par la inopriété et le butin des conquêtes vivait dans un luxe croissant et ne songeait qu’à jouir du présent .

Le contraste entre riches et pauvres allait

TaBULAIîIUM, où étaient conservées les Archives de Rome. État actuel. C est à peu près tout ce qui reste de l’ancien Capitole. Cr . Alin.vki.

jusqu’au scandale. Cependant une élite souhaitait une régénération. Elle trouva un chef en Marcus Porcius Caton. Traditionaliste, il était l’ennemi non du Sénat, mais des vices des sénateurs. Magistrat rude, orateur puissant, il tenta de consolider la classe moyenne en rejetant les affranchis dans les tribus urbaines, en combattant le luxe. Il défendit le trésor public, s’opposa à la politique dynastique des grandes familles, en particulier de celle des Scipions. Son effort resta stérile ; mais, il fut repris et poussé beaucoup plus loin par les Gracques, petits-fils de l’Africain par leur mère Corneha, type de la mère romaine. Frappé de la misère de l’Italie, de l’abus de l’esclavage, dont une révolte des esclaves siciliens en 1 4 1 avait fait mesurer le danger, Tiberius Gracchus se fit le champion de la foule déshéritée. Révolutionnaire par les moyens, il ne l’était pas par le but, car il se proposait de supprimer le prolétariat. Le moyen était de distribuer des terres aux citoyens pauvres. Mais il n’y en avait plus de disponibles. Restaient les terres domaniales séculairement usurpées par les riches. Cinq cents arpents seraient laissés en toute propriété aux chefs de famille, deux cent cinquante en plus par chaque fils, avec une indemnité. Grandes étaient les difficultés : prescriptions, améliorations, bâtiments, ventes, transferts, etc. Naturellement le Sénat résista. Alors Tiberius usant de son veto tribunitien suspendit la vie législative et fit illégalement révoquer par le peuple son collègue gênant. La loi passa, sans la clause d’indemnité. Une commission fut nommée. Mais le tribunat de Tiberius était expiré. Dans le désordre qui accompagna sa nouvelle candidature, illégale, il fut tué avec trois cents de ses partisans. Tiberius avait donné l’exemple du mépris des lois, sa mort ouvrit l’ère des violences. Beaucoup de ses partisans furent condamnés à mort.

Cependant sa loi subsistait. Le recensement de 125 accusa 76 000 propriétaires nouveaux. Mais le mécontentement était grand. La question italienne vint aggraver les difficultés. Beaucoup d’italiens étaient lésés par la loi agraire. Rome, depuis sa victoire sur Carthage, était devenue avare du droit de cité. Pour en jouir, une foule de Latins étaient venus se fixer à Rome. On les expulsa par milliers. Les charges militaires, les impôts, la dureté des magistrats romains pesaient lourdement. Exaspérés, les Italiens exigèrent en masse le droit de cité. Ils trouvèrent un défenseur en Scipion Émilien. Mais il ne réussit qu’à entraver les travaux de la commission et disparut brusquement, de mort suspecte.

Alors, entre en scène Caius Gracchus. Au programme de son frère, il ajoutait une grande pensée : prolonger l’Italie dans les provinces en y établissant de fortes colonies, notamment à Carthage. Il s’acquit les chevaliers en étendant à l’Asie le fructueux impôt en nature, et surtout en faisant passer la judicature du Sénat à leur ordre. Une loi frumentaire assurant aux citoyens du blé à bon compte lui concilia la plèbe. Le droit de cité complet, accordé aux Latins admis dans les colonies de citoyens, les gagna. Il put alors appliquer la loi agraire et agir en véritable souverain. De grandes voies, rapidement construites, complétèrent son système de colonisation. Le Sénat était annihilé. Il voulut couronner son œuvre par

LES ORIGINES. EA ROYAUTE. LA REPUBLIQUE

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