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V. LES EMPEREURS AFRICAINS ET SYRIENS

Si le II'^ siècle, grâce à l’adoption, fut l’âge d’or de l’Empire, le IIÉ siècle, dans son ensemble, est la décadence du régime institué par Auguste et développé par ses successeurs. Les soldats sont maîtres, l’Empire aux enchères. De plus, « sous l’influence de princes étrangers. Africains, Syriens, Illyriens, quelques-uns déjà demi-barbares, l’esprit national s’oblitère et s’efface » (Bloch) .

PERTINAX. — DIDIUS JULIANUS. — Les prétoriens désignèrent pour être empereur P. Helvius Pertinax, fils d’un charbonnier, et devenu préfet de Rome. Mais, économe et sévère, ils l’assassinèrent. Didius Julianus acheta l’Empire aux prétoriens et régna soixante-six jours. L’exemple des prétoriens était contagieux. Les armées de province voulurent aussi faire des empereurs. Celles de Syrie proclamèrent Pescennius Niger; celles de Bretagne, Clodius Albinus; celles du Danube, Septime-tSÉVÈRE. Celui-ci arriva à Rome avant ses compétiteurs.

SEPTIME-SÉVÈRE (193-211). — C’était un Romain d’Afrique, à l’accent punique, grand admirateur d’Hannibal, un caractère dur. Il n’hésitait pas à verser le sang, mais était exigeant pour lui-même. Sa devise était ; « Travaillons. » Pour indiquer sa conception du pouvoir, il se déclara fils adoptif de Marc-Aurèle et ajouta à son nom celui d’Antonin. Bien qu’admirateur du génie romain, il comprenait la place que les Provinces tenaient maintenant dans l’Empire. C’est pourquoi il les grandit et diminua Rome, le Sénat, l’Italie. A plusieurs villes de province, il concéda le droit italique; Alexandrie devint municipe, tandis que l’empereur était proconsul d’Italie. Il brisa les prétoriens, et les légionnaires de toute provenance purent entrer dans la garde. Il établit dans Rome même une légion composée de Barbares. L’armée fut comblée d’honneurs; l’ordre équestre, fortifié aux dépens de l’ordre sénatorial. Il enrichit Rome et les provinces de beaux monuments (temple de Baalbeck) . Après avoir écarté ses rivaux par les armes et châtié le Sénat de ses préférences pour Clodius Albinus, il se consacra tout entier à la chose publique. Pendant quatre ans, il visita utilement les provinces. L’Empire bien administré lui dut dix-huit années de calme.

Ce fut aussi une période glorieuse dans l’histoire du droit romain avec Papinien, Ulpien et Paul. Dès les premières années de son règne. Septime-Sévère avait conduit contre les Parthes une brillante expédition. Il mourut à soixante-cmq ans, la troisième année d’une guerre en Bretagne contre les Calédoniens.

^ CARACALLA (211-217). — Pour assur er sa succession, Seiitime-Sévère avait, dès leur jeune âge, associé ses deux fils à l’Empire. L’aîné, Caracalla, nature féroce, se débarrassa aussitôt de son frère Geta en le tuant entre les bras de leur mère Julia Domna. Seul Papinien protesta et son courage lui coûta la vie. L.a politique de son jière fut celle de Caracalla, mais il régna comme un monstre. L’édit célèbre, par lequel il accorda le droit de cité à tous les habitants de l’Empire (sauf aux déditices, pour des raisons fiscales), dérivait des idées paternelles; ce fut un acte immense, dont la portée n’apparut peut-être jias aussitôt. Il hait

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