VII. LES EMPEREURS ILLYRIENS
Avec Claude II et AurÉLIEN, le pouvoir central se relève. Le premier, par de brillantes victoires sur les Alamans en Lombardie, puis contre les Goths sur le Danube, mérite le surnom de Gothique. La peste l’emporta au bout de deux ans. Le second (270-275), également originaire d’Illyrie, ramène la Gaule dans l’unité en recevant la soumission de Tétricus, puis de la Syrie, où régnait Zénobie, veuve d’Odenath. Prévoyant, il ramena au Danube la frontière de l’Empire, sacrifice nécessaire, et entoura Rome de l’enceinte puissante qui subsiste en partie. 11 fortifia l’idée monarchique en augmentant la pompe impériale et, avec le culte du soleil, tenta d’établir une sorte d’unité religieuse. C’était un honnête homme et un bon empereur. Son honnêteté même causa sa perte. Il fut assassiné par des fonctionnaires mécontents. Tout le monde était las. Les légions elles-mêmes prièrent le Sénat de faire un empereur. Il choisit un consulaire expérimenté, TacITE (275-276). Les soldats en eurent vite assez; ceux de Syrie élevèrent un habile général. Pro- BUS (276-282). Pendant six ans, on le vit sur toutes les frontières contenir l’audace croissante des barbares. Peine perdue! Les soldats le mirent à mort. Il avait osé leur imposer de durs travaux d’utilité publique. CaruS (283) bat les Perses et meurt par accident. De ses deux fils qu’il s’était associés, NumÉRIEN est assassiné sur un ordre d’Aper, qu’exécute justement Dioclétien, officier d’intelligence supérieure; le second, CarinUS, fut tué par un de ses officiers, tandis qu’il résistait énergiquement à Dioclétien proclamé par ses légions.