VIII. DIOCLÉTIEN
Une ère nouvelle, au rôle de corps municipal, commence avec cet empereur.
On aurait tort d’appliquer un sens péjoratif au terme de Bas-Empire appliqué à cette période. Il faut, dans l’œuvre de Dioclétien, distinguer la réforme politique et la réforme administrative, complétée par ses successeurs, qui sera exposée plus loin. Dans l’Empire, assailli de toutes parts, un chef unique ne suffisait plus à la tâche. D’autre part, la tentation d’accéder au pouvoir suprême était trop grande pour les généraux, poussés par
celle de la monarchie, qui réduit le Sénat
CaRACALLA. — (Rome. Musée du Capitole.)
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Basilique de Constantin, à droite, et, à gauche, temple de Romulus Augustule, le dernier empereur d Occident. (Église de Saint-Côme-et-Saint-Damien. ) cl. Alinaki.
leurs légions. Ce qu’on appelle la Réforme de Dioclétien n’est d’ailleurs que l’achèvement et la consécration d’un long travail intérieur qut, depuis Auguste et sauf quelques rares tentatives de retour en arrière, transformait les anciennes institutions. Les traits essentiels de cette évolution sont l’effacement progressif du Sénat et la prédominance du pouvoir personnel, le passage de l’autorité des mains des magistrats à celles des fonctionnaires.
Dioclétien commença par partager l’Empire entre deux Augustes, dont le plus âgé gardait une suprématie que l’on ne disputa pas à Dioclétien.
Il prit alors pour collègue MaxIMIEN, général éprouvé, qui assuma la lutte contre les Germains, avec Milan pour résidence, Rome étant trop éloignée de la zone exposée. Dioclétien prit l’Orient, avec, pour capitale, Nicomédie. Puis, en 292, un César fut adjoint à chaque Auguste. Dioclétien garda la Thrace, l’Asie et l’Égypte; GalÈRE, son César, eut l’Illyrie, les provinces danubiennes, l’Achaïe, avec Sirmium pour résidence; Maximien conserva l’Italie, la Sicile et l’Afrique, tandis que son César, CONS¬ TANCE Chlore, recevait la Gaule, l’Espagne et la Bretagne et résidait à Trêves. C’est ce qu’on appelle la iélrarchie. Ce partage portait sur la défense, non sur l’administration de l’Empire, exercée d’un commun accord.
Les événements justifièrent la prudence de Dioclétien. En Gaule, un soulèvement de paysans, les Bagaudes; en Bretagne, la révolte de l’usurpateur Carausus; en Égypte, celle d’Achillée; en Orient, une guerre difficile heureusement terminée contre Narsès, roi des Perses, occupèrent jusqu’en 298 l’activité des empereurs qui, à l’occasion, se prêtèrent mam-forte. Alors les frontières étant à peu près pacifiées, on en profita pour les fortifier solidement.
A l’intérieur, la garde prétorienne, foyer de révolutions, fut épurée ; pour lutter contre la cherté croissante de la vie, Dioclétien promulgua un édil de maximum, où denrées, marchandises et maind’œuvre étaient taxées à des prix qui ne pouvaient être dépassés; Rome s’embellit des Thermes qui jjortent le nom de Dioclétien; d’autres villes, et surtout Nicomédie, furent dotées de beaux monuments. Une cruelle persécution, durant laquelle furent détruits nombre de monuments religieux, affligea les chrétiens; elle ne sévit pas dans la Gaule, gouvernée par Constance Chlore.
En pleine vigueur, Dioclétien, sans doute pour assurer de son vivant la transmission de la tétrarchie, abdiqua, ainsi que Maximien (305) .
Galère et Constance Chlore prirent le titre d’Augustes, avec, |)our Césars, l’un Maximien Daia, l’autre SpA'ÈRE. Dioclétien se donna volontairement la mort dans son iialais de Salone, en 313.