‹ Histoire Générale des peuples de l'antiquité a nos joursChapitre 124 sur 344 · IX. CONSTANTIN · texte numérisé non relu

IX. CONSTANTIN

La puissante personnalité de son fondateur avait été le soutien de la tétrarchie. Après sa retraite, les rivalités recommencent. Galère avait systématiquement écarté Constantin, fils de Constance Chlore.

La mort de ce dernier (306) , la proclamation de Constantin par ses légions le lui imposèrent. Mais il ne voulut lui reconnaître que le titre de César; Sévère jarit celui d’Auguste. Alors, commença une période de guerres civiles (306-327). sur lesquelles nous n’msisterons pas. Puis Constantin demeura seul. Dès 308 on comptait six Augustes, parmi lesquels MaxIMILIEN Hercule, las de son inaction. Il disparut en 310, et Galère en 311. Restaient en présence, en Occident, Constantin et MaxENCE. La bataille des Roches rouges, petit défilé à quelques lieues de Rome, la mort de Maxence noyé dans le Tibre au pont Milvius, laissèrent Constantin maître de Rome et de l’Occident. C’est avant cette bataille qu’aurait apparu à Constantin le laharum avec l’inscription : In hoc signa vinces. Licinius tenait l’Orient. Au heu de s’entendre, ils se battirent. Licinius vaincu se retira à Thessalonique, sur la foi de son rival, qui, cependant, ne tarda pas à le faire étrangler.

Cet homme, qui, pour avoir compris son temps, mérite le nom de Grand, ne recula, pour assurer son pouvoir, devant aucun crime. Son propre fils, Crispus, vainqueur des Barbares, auxiliaire dévoué de son père contre Licinius, justement populaire, fut accusé, sans doute à tort, de complot, par Eausta, deuxième femme de Constantin, qui, elle-même, avait trois fils. Hélène, mère de Constantin, intervint, indignée. Constantin, retourné, fit périr sa femme et ceux qui l’avaient appuyée.

Cependant un grand changement se préparait : le transfert de la capitale d’Occident en Orient. En fait, Rome, trop éloignée des frontières, était déjà déchue. Sa noblesse oisive n’inspirait que mépris aux énergiques empereurs provinciaux; imprégnée des souvenirs païens et républicains, elle ne pouvait plaire à Constantin qui, dans son cœur, adhérait au christianisme et qui parachevait la monarchie. Elle ne garda que pour un temps et par tradition le titre de capitale pour l’Occident. Le centre de gravité fut transporté dans la ville nouvelle de Constantinople, bâtie avec magnificence sur l’emplacement de l’antique Byzance.

L’Empire subsistait.

Était-il encore l’Empire romain? Onze siècles de domination devaient justifier l’initiative hardie de Constantin.

Sous son règne, la réforme administrative, commencée jjar Dioclétien, fut achevée. L’emjiereur repoussa les Goths au delà du Danube, contint les Sarmates, et, inaugurant une politique inévitable, mais périlleuse, établit 300000 Sarmates en diverses parties de l’Empire. Un fait capital est la promulgation de VEdil de Milan, en 313. qui mettait fin aux per-

1 ETE DE Constantin. — - Elle appartenait à une statue colos-sale et devait, par conséquent, être vue de beaucoup plus bas. ce qui en explique la facture sommaire. (Palais du Capitole.) Ci. Alinaki.

sécutions et fondait la liberté de conscience. Un peu plus tard, un autre édit achemina vers la reconnaissance du christianisme comme religion d’État. En outre, en convoquant à Nicée un concile œcuménique, qui fixa le dogme et régla la discipline ecclésiastique, Constantin se posa en protecteur du christianisme. Il mourut en 337 après avoir reçu le baptême des mains d’un évêque probablement arien, sans avoir pratiqué les vertus chrétiennes.

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