‹ Histoire Générale des peuples de l'antiquité a nos joursChapitre 126 sur 344 · XI. THÉODOSE · texte numérisé non relu

XI. THÉODOSE

Théodose avait reconnu Maxime, mais celui-ci, ayant pris les armes contre V'^alentinien, quatre ans après, fut pris et décapité (388) . Valentinien II disparaissait à son tour en 392 sous les coups du Franc Arbogast, en faveur d’EuGÈNE, un rhéteur son ami, sous le nom duquel il prétendait gouverner. Théodose, secondé par le Wisigoth Alaric et le Vandale Stilicon, battit Arbogast, qui se tua, tandis qu’Eugène était assassiné par ses soldats (394) . Théodose alors se trouva maître de tout l’Empire. Il mourut un an après.

On doit reprocher à Théodose d’avoir fait aux Barbares une place trop grande dans l’Empire et usé de trop de rigueur envers les Ariens. Il a cependant mérité le nom de Grand par ses succès militaires contre les mêmes Barbares, par la prospérité relative dont il sut faire jouir l’Empire en ces temps difficiles, par ses lois excellentes imprégnées du véritable esprit de l’Évangile, par la claire intelligence qu’il eut de la nécessité de rétablir l’unité du christianisme en présence de la barbarie et du paganisme, et l’on peut ajouter par l’humilité avec laquelle il plia son naturel violent à la discipline chrétienne.

Malade, il s’était fait baptiser à Thessalonique en 380. Dès

Ï FiAtiMKNT DK tuRMCHE ROMAINE (ll*^ siècle). La composition et 1 exécution élr(tante rt précise n ont cependant pas 1 ampleur et la souplesse (lue 1 on admire dans les meilleurs monument^ du P'*’ siècle, comme l’Autel de la Paix édifié par Auguste. l.-T frise représente les objets du culte employés dans les sacrifices.

1 L. A.SUhKSON.

lors, il lutta, sous l’influence de saint Ambroise, contre l’hérésie arienne. II mit sur le siège de Constantinople le grand évêque Grégoire de Naziance. En 388, il interdit les sacrifices païens et, plus tard, l’accès même des temples. Malheureusement, beaucoup de chefs-d’œuvre de l’art antique et des monuments intéressants, comme le Sérapéum d’Alexandrie, furent alors détruits systématiquement. En 386, les habitants d’Antioche s’étaient soulevés au sujet d'une question de fisc. Théodose les condamna à mort en bloc et ne revint sur sa décision que grâce aux instances de l’évêque Flavien. Quelques années plus tard, une sédition éclata à Thessalonique. Cette fois l’empereur fut implacable et sept mille personnes furent massacrées. C’est alors qu’à Milan, Ambroise interdit au souverain l’entrée de l’Église : « Tu as imité David dans le crime, lui dit-il, imite-le dans la pénitence.» Et l’Église ne lui fut rouverte qu’après une expiation de huit mois et une pénitence publique.

Un grand corps de lois, le Code Théodosien, constitué par son ordre, réunit ses propres lois et celles des empereurs contemporains ; c’est un témoignage frappant de l’évolution accomplie.

Théodose mourut à Milan en 395, âgé de cinquante ans. Il avait décidé que l’Empire serait désormais divisé en empire d’Occident et empire d’Orient, et attribué le premier à HoNORîUS, le second à ArcadiuS, ses fils. L’empire d’Occident devait durer encore un siècle, mais au milieu de tels bouleversements que rien ne subsistait de l’antique puissance romaine. Les Barbares l’envahirent, Ravenne remplaça Rome comme capitale. Le dernier empereur d’Occident fut RoMULUS AUGUSTULE, détrôné par l’Hérule OdoacRE en 476; mais c’est en 395, à la mort de Théodose, que l’on a coutume de faire commencer l’histoire du moyen âge.

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