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LE MOYEN AGE DANS L’EUROPE ORIENTALE

— De la mort de Théodose à la prise de Constantinople par les Turcs, l’Empire romain dura encore, en Orient, plus de dix siècles. Les invasions germaniques, après avoir franchi le Danube, se détournèrent en effet bien vite vers Rome et l’Occident. A l’abri des fortes murailles de Constantinople, les empereurs purent continuer de se croire les seuls maîtres du monde romain, d’autant que cette prétention fut admise assez longtemps, du moins en théorie, par les rois barbares installés dans les provinces occidentales. Chaque fois qu’ils le purent, les empereurs tentèrent, d’ailleurs, de remettre sous leur autorité directe et réelle les pays conquis par les Germains. Au VÉ siècle, Justinien reprit ainsi l’Afrique, l’Italie, une partie de l’Espagne. Ce fut comme un renouveau de la puissance impériale, sous un prince qui comprit la grandeur de sa tâche et dont l’œuvre législative eut en Occident, non seulement une influence juridique, mais encore une influence politique de première importance, quand les souverains féodaux, instruits par leurs légistes, entreprirent de revendiquer pour eux l’absolutisme romain. Le code de Justinien est rédigé en latin, car le latin est encore la langue officielle; mais bientôt on ne parlera plus que le grec dans l’Empire romain d’Orient, dans l’Empire grec. L’empereur est le basileus, le « Grand Roi » : ce titre, les Grecs l’avaient autrefois donné au souverain

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Durant la longue existence, tour à tour brillante et misérable, qui fut celle de l’Empire grec, la religion joua un rôle dans les expéditions dirigées contre les ennemis de l’Empire. En Asie, c’est d’abord la guerre sans cesse renaissante contre les Perses, les vieux ennemis adorateurs du feu. Ees Grecs finirent par l’emporter; seulement, les forces des deux adversaires furent si bien brisées que, quelques années plus tard, les Arabes purent conquérir, en une chevauchée rapide, la Perse, la Mésopotamie, la Syrie et l’Égypte : d’un seul coup, l’Empire byzantin était amputé de quelques-unes de ses plus riches provinces. Puis ce fut aux attaques des Turcs qu’il fut exposé, et il perdit presque toute l’Asie Mineure. Les Grecs auraient pu concevoir un très utile secours des chrétiens d’Occident, armés contre l’intolérance turque; mais la mésentente religieuse les séparait jusqu’à la haine, et les Croisades ne furent que d’un médiocre secours aux Byzantins contre les Musulmans. L’Empire grec fut même supplanté, pendant une soixantaine d’années, par un Empire latin (1204-1261), et, après sa restauration, il ne sut pas se réconcilier vraiment avec la chrétienté occidentale.

Il avait soutenu en Asie, pendant dix siècles, la lutte contre les Perses d’abord, contre les Musulmans ensuite : il dut combattre péniblement en Europe contre les Slaves et les Tlongrois, sans pouvoir empêcher l’invasion brutale ou la lente infiltration des Barbares, du Danube au Balkan et jusqu’au fond du Péloponnèse. Longtemps ce(>endant l’habile politique byzantine sut remédier à l’insuffisance de la force militaire. Byzance ne cherchait pas d’ailleurs à se protéger uniquement en opposant les Barbares les uns aux autres, mais en les gagnant par son prestige, surtout en les convertissant à sa foi religieuse. Bien au delà des frontières de l’Empire, en des pays qui ne lui avaient jamais obéi, Byzance répandit la croyance orthodoxe et, avec son christianisme, quelque chose de sa civilisation.

Quand les Turcs prirent Constantinople, l’État était réduit aux murailles de la ville, et avec lui disparaissait le dernier vestige de l’Empiie romain en Orient.

Mais, dans l’Asie, que le basileus avait perdue la première, les Arabes avaient subi l’influence civilisatrice des vaincus. Dans l’Europe orientale, les Byzantins avaient converti à leur orthodoxie ces peuples nouveaux de la péninsule balkanique et de la plaine russe, dont la décadence turque devait faire ressortir toufe l’importance et qui, encore de nos jours, se tournent vers Constantinople.

Ils allaient enfin, obligés de quitter leur pays, transmettre à l’Occident l’héritage de la pensée grecque.

LE MOYEN AGE DANS L’EUROPE OC¬ CIDENTALE. — Dans l’ouest de l’Europe, ce fut, aussitôt après la mort de Théodose (395) , la ruée des Barbares germains. Vingt ans plus tôt, l’arrivée sur le Dnieper d’un peuple asiatique, les Huns, avait déclenché les grandes invasions : maintenant, la Germanie presque tout entière déferlait sur les provinces occidentales de l’Empire.

Les Vandales allèrent jusqu’en Afrique, les Angles et les Saxons jusqu’en Grande-Bretagne. Si ces Barbares détruisirent de parti pris l’œuvre romaine, c’est inconsciemment que les Wisigoths d’Espagne et d’Aquitaine, les Hérules et les Ostrogoths d’Italie, les Francs et les Burgondes de la Gaule ruinèrent l’État dont ils occupaient les territoires. Leurs princes, investis par l’empereur de titres officiels et dont l’autorité avait ainsi paru légitimée aux yeux des vaincus, désirèrent vivre en bonne intelligence avec les populations qu’ils avaient d’abord pillées. Mais les Barbares, à l’exception des Francs, avaient embrassé l’hérésie d’Arius : c’en était assez pour qu’ils fissent horreur à leurs sujets orthodoxes, et partout où les Germains restèrent ariens, il leur fut impossible de rien fonder de solide; si, finalement, les Wisigoths gardèrent l’Espagne, c’est qu’ils abjurèrent l’arianisme, et si, de tous les Barbares, les Francs eurent la plus belle fortune, c’est que, convertis directement à l’orthodoxie catholique et alliés de la papauté, ils eurent pour eux l’Église, la seule grande puissance demeurée intacte dans le naufrage de l’Empire. De tout le reste, — organisation politique, administration, justice, culture intellectuelle, — il ne surnageait que des épaves. Les rois barbares, tout en se réclamant de l’empereur n’avaient pas la notion de l’État, et leurs compagnons, qui ne l’avaient pas davan-

MoSAIQUE de SaINTE-PuDENTIENNE, a Rome. — Le Christ au milieu des apôtres; en haut, symboles des Évangélistes. Ces mosaïques, dont on admire l’ampleur de composit.on et la liberté de style, sont du IV siècle. La belle architecture du fond représenterait une vue perspective des monuments de la colline Vimmale et symbolise la Jérusalem céleste. Cl. Ali.nari

SaRmiPHACE iHRÉTIt.S DU .MUStlE DE LaTRAN. — Scènes de la passion du Christ. De droite à gauche : Pilate se lavant les mains, Jésus conduit au prétoire, le couronnement d épines, Jésuf • onduit au calvaire. Au milieu, la croix surmontée du monogramme constantmien et soldats endormis. Si la composition est assez heureuse, tout

dans l exécution révèle la décadence. Ci .Nu kdun.

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