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LES EPOQUES PROTOHISTORIQUES L’AGE DES MÉTAUX

L’AGE DU BRONZE. — Avec l’âge du bronze et l’âge du fer, nous sortons de la Préhistoire proprement dite et nous entrons dans la période protohistorique. Si, comme le pense Déchelette, l’âge du bronze n’a débuté chez nous qu’au commencement du deuxième millénaire avant notre ère, l’Égypte avait déjà ses annales écrites. En outre, les historiens ligures et ibères nous ont transmis, sur les mœurs et coutumes des habitants de la Gaule, qui en étaient à l’âge du bronze, des détails auxquels il est permis d’ajouter un certain degré de confiance. Aussi, malgré l’intérêt qu’il peut présenter, ne consacrerons-nous que quelques lignes à l’âge des métaux.

On s’est demandé si l’industrie du bronze avait été importée chez nous ou si elle avait été inventée par les derniers Néolithiques dont il vient d’être question. A l’appui de cette seconde opinion, admise par un petit nombre de savants, on invoque la découverte en Andalousie d’instruments en cuivre natif simplement martelé et, ailleurs, d’objets fondus en cuivre pur, sans alliage. On en conclut que les Hommes de la fin du Néolithique, si industrieux, avaient fort bien pu imaginer de marteler le cuivre natif et découvrir plus tard le moyen d’y associer de l’étain. Cette hypothèse est très peu plausible, d’abord parce que les instruments en cuivre sont rares, tandis que ceux en bronze apparaissent nombreux en un laps de temps relativement court. Et, pour faire du bronze, il fallait de l’étain; or, rien ne prouve que les quelques gisements de ce métal qui existe en France aient été exploités à cette époque. Au contraire, le bronze était connu en Orient (à Suse, notamment) , au moins dès le quatrième millénaire, et il était commun en Égypte dès la fin du troisième millénaire avant notre ère. Tout porte à croire qu’il a été importé chez nous, peut-être par ces fondeurs ambulants qui, pour ne pas transporter dans leurs déplacements des charges trop lourdes, déposaient des matières premières et des objets ouvrés dans des cachettes dont il a été découvert un grand nombre.

Malgré les avantages qu’offrait le bronze, la pierre n’a pas été abandonnée d’emblée. Dans beaucoup de dolmens du midi de la France et de cités lacustres de la Suisse, les deux industries se trouvent associées. Mais le métal n’a pas tardé à supplanter la pierre dans la fabrication des armes offensives et défensives dont les types se sont multipliés (poignards, pics d’armes, épées et fourreaux, lances, pointes de flèches et de javelots, casques, cuirasses, boucliers) . Des instruments usuels, tels que haches, couteaux, rasoirs, faucilles, ciseaux, limes, scies, poinçons, marteaux, harpons.

pièces de harnachement, ont fini peu à peu par remplacer l’ancien outillage ou le compléter. Des roues, des vases, beaucoup d’objets de destination inconnue ont été fabriqués en métal.

Les objets de parure, comme les bracelets, les anneaux de pied, les colliers, les bagues, les boucles d’oreilles, les chaînettes, les épingles, les fibules, deviennent abondants; beaucoup de bijoux sont en or. L’argent et le plomb servaient pour fabriquer divers objets : des tubes et des perles sont en verre. Quoique le tour, en usage en Crète, fût inconnu des potiers de l’âge du bronze en Occident, quelques-uns de leurs produits céramiques présentent un galbe et une finesse de pâte dénotant une technique avancée. Certains vases sont pourvus d’anses et ornés de cannelures ou de mamelons; d’autres sont décorés de lamelles d’étam ; il en est qui sont peints de plusieurs couleurs.

Tantôt les morts étaient inhumés, tantôt ils étaient incinérés, mais des rites présidaient sans doute aux sépultures, car une foule d’objets en bronze, parfois fort curieux, — chars processionnels, petits chariots votifs, barques et roues solaires, etc., — dénotent qu’un culte, vraisemblablement naturiste, était alors très répandu.

Crâne néolithique trÿiané d’une grotte de Nogent-les-Vierges (Oise). — Collection d’Anthropologie du Muséum.

L’AGE Du FER. — A l’âge du fer, les métaux de l’âge précédent, surtout le bronze, continuèrent à être employés sur une grande échelle. Le nouveau métal, qui avait pénétré en Gaule par l’Est, servit principalement à fabriquer des glaives, des épées, des javelots et d’autres armes offensives, ainsi que certains outils et ustensiles domestiques et des pièces de harnachement ou de charronnerie. Des appliques, des bijoux étaient travaillés avec un goût vraiment artistique; parfois, ils étaient émaillés. Des bijoux en or sont de toute beauté. L’ambre, le corail, les verroteries prennent place dans la parure. Les monnaies gauloises ont remplacé les objets divers qui servaient antérieurement aux échanges. Le commerce a pris alors un grand développement et des marchandises diverses arrivèrent des pays orientaux ou méridionaux.

L’âge du fer a été, en somme, la continuation de l’âge du bronze, dont l’industrie a progressé d’une façon notable. Les céramistes, en particulier, ont modifié leur technique, grâce à l’introduction du tour; ils ont copié des vases de métal ou d’argile importés de l’étranger et sont arrivés à produire une grande diversité de types. On voit, entre autres, apparaître des urnes funéraires qui, dans l’Allemagne du Nord-Est, comprennent de curieuses urnes à visage humain. Le décor peint se développa et se perfectionna. Au début, les poteries polychromes étaient ornées de lignes obtenues au moyen de l’ébauchoir, puis apparaissent des vases dont les dessins ont été entièrement tracés au pinceau.

L’âge du bronze a été l’époque des tumulus. Les morts, incinérés ou non, étaient enterrés dans des monuments recouverts de monticules de terre. S’ils avaient été incinérés, leurs cendres étaient renfermées dans les urnes funéraires dont i* vient d’être question. Les plus curieuses sépultures sont les sépultures à char, dont plus de cinquante ont été découvertes dans le seul département de la Marne. A la Gorge-Meillet, le guerrier avait été inhumé sur son

Objets en bronze des dolmens de la Lozère. — Colleciion Prunières. au Muséum.

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