VIII. LA VIE INTELLECTUELLE
LES LETTRES. — La prose arabe fit son apparition avec le Qoran.
Avant Mahomet, il n’y avait qu’une poésie populaire et non écrite. Le conducteur de caravane menait ses chameaux au rythme d’une cantilène et le devin jetait des sorts sur l’ennemi en composant des satires dont les traits faisaient frémir les vieux guerriers : d’abord composées en prose rimée, ces satires reçurent la forme prosodique du mètre radjaz, et le nom donné à leur auteur, cha ir (savant) , prit bientôt le sens de « poète », qu’il a conservé depuis. Avec la naissance de la qaçida ou ode, au VI® siècle de notre ère, la poésie anté-islamique reçoit sa forme définitive. Ce sont de petits poèmes, d’une centaine de vers monorimes, coulés dans un moule immuable ; ils décrivent le campement abandonné qui rappelle le souvenir de l’amante disparue, les tourments de l’amour, la monture favorite du voyageur, et se terminent par les louanges du bienfaiteur; car ils sont surtout destinés à provoquer la générosité des princes ou des grands seigneurs.
Au V'I® et au VU® siècle, les poètes sont nombreux. La ville florissante de Hîra, sur l’Euphrate, en attira plusieurs : Nâbigha Dhobyânî, Farafa, ’Abîd ben-el-Abraç, et nous possédons les diwans ou recueils de poésies de ces trois auteurs. Imrou-oul-Qaïs
La tour de Reï, près de Téhéran (Perse}.