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I. PÉPIN LE BREF

LES DÉBUTS DE LA PUISSANCE CAROLIN¬ GIENNE. — C’est en 751 que Pépin le Bref, maire du palais, fait tondre le dernier Mérovingien, Childéric III, et se proclame roi. Il accomplit son coup d’État avec l’appui du pape Zaccharic. Saint Boniface est présent à Soissons lorsque les Francs acclament la nouvelle royauté, et le sacre qu’il confère au nouveau roi lui assure une légitimité supérieure à celle des héritiers de Clovis.

Malgré sa bravoure, malgré ce renom de force physique que consacre la légende célèbre de son combat contre le lion et le taureau. Pépin n’est point le guerrier toujours en campagne et ne rêvant que gloire militaire. La vérité est qu’il a fait la guerre le moins possible et toujours par nécessité. Ne devait-il pas payer, armes en mains, sa dette envers l’Église? N’a-t-il pas dû consolider sa dynastie par l’épée? Ce qu’il doit à l’Église, il le paie en secourant le pape Étienne II menacé par le roi lombard Aistolf. Étienne II, réfugié en France, sacre à Ponthion le roi, la reine Ber-

ScEAU DE Charlemagne (774), buste de profil tourné à droite, pierre gravée avec cette légende : Christe, protégé Carolum, regem Francorum (Christ protège Charles, roi de France) [Archives nationales]. — SCEAU DE CHARLES LE ChaUVE, ROI. Bulle de plomb, buste de face couronné de lauriers et tourné à droite ; la légende est : Gloria sit Christo, régi Victoria Carolo (Gloire au Christ, victoire au roi Charles). — SCEAU DE CHARLES LE ChAUVE, EMPEREUR. Bulle d’argent, tête laurée. — Bibliothèque Nationale. Cabinet des Médailles. Cl Uirauiion.

Lettre ornée. Calligraphie anglosaxonne (Seconde Bible de Charles le Chauve). — B. N. Manuscrit latin, n® 2, f® 146 (vers 875).

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Couronne dite de Hunald. — B. N. Gai. Mazarine.

trade et les enfants royaux. Puis les Francs passent les Alpes : deux campagnes sont nécessaires. Pépin donne au Saint- Siège la « République romaine », et cette donation peut être considérée comme la charte de fondation de l’État pontifical. D’autre part, le changement de dynastie

avait éveillé l’esprit d’indépendance des populations mal soumises. Pépin fait le tour des frontières. Il bat les Saxons à Iburg, atteint le Weser, impose un tribut. En Septimanie, le refoulement des .Arabes est poursuivi et Narbonne est reprise en 759. Contre Walfer, chef des Aquitains, Pépin fournit quatre campagnes, de 760 à 763, puis une cinquième, en 768, qui coûte la vie au champion méridional. En Bavière, le duc national Tassillon est réduit à prêter serment de fidélité.

Lorsque Pépin meurt prématurément, à l’âge de cinquante-quatre ans, le 24 septembre 768, il laisse une oeuvre inachevée : les Bavarois, les Saxons sont à dompter; les Sarrasins, refoulés, sont encore menaçants; l’Aquitaine est à organiser; le royaume lombard reste redoutable. Mais l’auteur du coup d’État de 751 a heureusement joué son rôle ingrat de fondateur de dynastie et de précurseur d’un grand règne.

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