‹ Histoire Générale des peuples de l'antiquité a nos joursChapitre 18 sur 344 · SURVIE ET RITES FUNÉRAIRES · texte numérisé non relu

SURVIE ET RITES FUNÉRAIRES

— L’idée que les Égyptiens se faisaient du com|)osé humain est encore loin d’être pleinement dégagée: il ressort néanmoins des textes et des représentations figurées que l’homme était corps, âme (bc) et double (ka) . Le ba, que notre mot « âme » rend assez exactement, était conçu comme le principe d’énergie du corjis pendant la vie et la partie <le l’homme qui, après le trépas, passait dans l’autre monde. Comme l’hiéioglyphe qui - servait à écrire la syllabe ba était une grue ils figuraient volontiers l’âme sous cette forme, en lui prêtant même , à partir du Nouvel Empire une tête humaine Yç , sans que l’on doive ramener à un type uniforme les nuances de croyances qu’ex[)rimait ou entraînait ce jeu d’écriture. Quant au ka la théorie

La momie de RAMSlS ll. — L’art des embaumeurs, poussé a 1 apogée sous la XIX' dynastie, a pu conserver à la postérité celui de qui les Grecs ont fa.t plus tard le grand Sésostris.

de l’égyptologue anglais Lepage-Renouf, brillamment reprise et développée par Maspero, voulait voir en lui un « double » ou project'on aérienne et colorée du corps; mais une nouvelle tendance se dessine parmi les égyptologues, sous la pression de certains textes qui ne s’accommodent point de cette interprétation : elle viserait à y reconnaître un génie protecteur, qui, créé en même temps que 1 homme, mais séparé de lui pendant la vie, le rejoindrait dans son tombeau, au moment de la mort.

Quoi qu’il en soit, les éléments conservés par les textes funéraires de r époque historique laissent deviner, comme fonds même de la croyance funéraire égyptienne, l’idée qu’à la mort l’âme quittait le corps, s’enfonçait dans les régions mystérieuses situées au delà de l’horizon occidental et, parvenue après plusieurs péripéties dans les Champs Élysées, champs des Fèves ou champs des Souchets, où régnait Osiris, elle y était reçue comme sujet et astreinte pour l’éternité à cultiver les champs fertiles sur lesquels le dieu étendait son empire.

L’établissement de la monarchie égyptienne et l’apparition de la doctrine théocratique, qui reconnaissait dans le roi un Fils de Râ et un égal des dieux, firent évader le monarque de ces Champs Élysées, où il n’y avait plus de place pour lui : les prêtres d’Héliopolis lui créèrent à grand renfort de formules magiques des destinées célestes, suivant lesquelles il devait passer l’éternité sur la barque du Soleil lui-même, vivant de sa vie et jouissant de ses plaisirs que l’on estimait suprêmes, dans des courses recommencées sans fin à travers les hémisphères nocturnes et diurnes du ciel. Dès la fin de l’Ancien Empire, soit prosélytisme pour la religion d’État, soit nécessité d’attacher par des faveurs de plus en plus caractérisées les fonctionnaires à un pouvoir royal qui s’effritait, le roi fit participer à son bonheur posthume ses parents, puis ses familiers, puis tous ses courtisans, puis cette armée de fonctionnaires, qui était l’armature sociale de l’Egypte. Le jugement que ces personnages devaient subir devant Râ avant d’avoir part à ses destinées fut usurpé par Osiris, au commencement du Nouvel Empire.

Mais ces innovations dogmatiques, si elles ouvraient à l’âme du défunt des perspectives nouvelles, n’abolissaient pas pour lui les avantages certains qu’il reconnaissait dans les conceptions vieillies qu’elles prétendaient remplacer. Pratiquement, sur le chapitre des destinées de 1 au-delà, l’Égyptien fut un éclectique qui, sans souci des efforts des théologiens, retint égoïstement son bien où il l’avait trouvé : passer la journée dans l’ombre fraîche d’une tombe abondamment pourvue de provisions, profiter le soir de la barque solaire pour fuir les ténèbres, visiter les pays d’Osiris, et s’arrêter par caprice dans un jardin embaumé des îles bienheureuses, sortir le matin de 1 horizon avec le Soleil pour rejoindre sa tombe, tels étaient les traits empruntés à tous les systèmes dogmatiques dont l’Égyptien du Nouvel Empire formait ses destinées posthumes.

L’évolution des croyances funéraires se reflète dans l’histoire de la sépulture elle-même. Pendant toute la durée de la civilisation égyptienne, la plèbe fut enterrée à même le sable aux confins du désert, avec quelques provisions et quelques simulacres grossiers d objets, ou de serviteurs qui devaient lui être utiles dans ces champs d Osiris, où elle était éternellement confinée; mais les privilégiés du roi jouirent d un tombeau dont le type alla se développant au fur et à mesure que leurs destinées devenaient indépendantes des destinées de Pharaon. Les sépultures royales d’Abydos (l-lL'^ dynasties) consistaient en un caveau, autour duquel des niches ou des cellules étaient réservées pour les personnages de la Cour. Avec l’Ancien Empire la tombe des courtisans se sépara et se distingua du tombeau royal : la tombe du roi prit, sous la IV'‘ dynastie, la forme d une pyramide, — ce furent alors les grandes pyramides de Chéops, Chéphren et Mycérinus à Ghizeh, — et conserva ce type pendant toute la durée de la |)ériode memphite. L’ensemble des constructions se composait d’un péristyle dans la vallée, d’un passage couvert montant le long de la falaise, du temple funéraire du roi et de la pyramide. Pendant ce temps, la tombe civile en restait au tertre artificiel et régularisé d’où était issue la jryramide elle-même et qui, depuis l’égyptologue français Mariette, a reçu le nom de « mastaba ». Dans la masse de briques du mastaba, sur le côté est, était réservé une chapelle funéraire, décorée de bas-reliefs taillés dans le calcaire fin, qui retraçaient dans des compositions à peu près identiques pour tous l’opulence et

L’ÊGYPTE

les plaisirs du défunt. Sous le mastaba, un puits vertical conduisait à la chambre souterraine, aux parois tapissées de textes religieux et qui renfermait le sarcophage, cuve de bois ou de pierre. Les mastabas, séparés ainsi de la tombe royale, n’en étaient pas indépendants : ils se pressaient en files régulières autour de la pyramide, sur une aire déterminée, ou nécropole, et continuaient à jouer ainsi autour de la pyramide le rôle accessoire qu’avaient joué les niches particulières autour des caveaux royaux d’Abydos.

A partir du Nouvel Empire, la séparation fut chose faite entre la tombe royale et les tombes civiles. A l’ouest de Thèbes, les rois creusèrent dans la gorge sauvage dite « Vallée des Rois » leurs hypogées, profondes de plus de 1 00 mètres et décorées de scènes représentant la course du Soleil dans l’autre monde, tandis que, dans la plaine thébaine elle-même, des temples somptueux étaient consacrés à leur culte funéraire. Les différentes régions de la montagne avoisinante reçurent les synringes des fonctionnaires de tous rangs, qui, suivant les traditions héritées des chapelles des mastabas memphites, y firent sculpter ou peindre, au moins dans la première salle de leur demeure souterraine, le souvenir de leur vie fastueuse. Les textes religieux, au lieu d’être sculptés sur les murs du caveau comme sous l’Ancien Empire, ou écrits sur le sarcophage comme sous le Moyen Empire, furent désormais réunis en un rouleau de papyrus, ou Livre des Morts, que l’on plaça le plus souvent dans les bandelettes de la momie.

Les rites qui mettaient le défunt en possession de ce tombeau où, par privilège royal, il lui était concédé de perpétuer sa vie ici-bas, étaient à proprement parler des rites initiatiques. Ils avaient été inventés, disaient les légendes égyptiennes, par Anubis lui-même en faveur d’Ociris; d’abord réservés aux rois, ils s’étaient étendus progressivement, avec les destinées dont ils étaient la condition, à l’immense majorité des fonctionnaires. Le but de ces rites était d’assimiler le défunt à Osiris pour lui valoir le bénéfice de la même survie. La première précaution à prendre était de rendre le corps impérissable : c’était le rôle de l’embaumement. Le corps, vidé de sa cervelle et de ses viscères, était plongé pendant soixante-dix jours dans un bain de natron, rempli d’aromates et serré dans un léseau de bandelettes, entre lesquelles on disséminait la série des amulettes qui composaient l’armure magique de la momie. Le principal de ces talismans était un gros scarabée, symbole de renaissance, placé à l’endroit du cœur. L’ensevelissement de la momie donnait lieu chez les riches personnages à un cortège somptueux : après le défilé des serviteurs portant le mobilier destiné au tombeau, la momie apparaissait, traînée sur une barque sacrée, entourée de pleureuses à gages et suivie de ses amis. On s’embarquait pour traverser le Nil et parvenir par le réseau des canaux jusqu’au pied de la falaise où se creusait l’hypogée. Des amis du défunt chargeaient alors la momie sur leurs épaules et la déposaient dans sa demeure éternelle ; un prêtre officiant accomplissait sur elle les rites prescrits par Anubis pour lui rendre l’usage des sens et dont le principal était !’« Ouverture de la bouche ». Puis on la couchait dans son sarcophage, cuve de bois ou de pierre ou, au Nouvel Empire, cercueil mummiforme; on disposait, aux quatre coins, les vases, dits canopes, où étaient enfermés les viscères; on entassait pêle-mêle le mobilier funéraire, en y mêlant ces répondants, ou statuettes que la magie devait animer pour travailler à la place de leur maître dans les champs d’Osiris, et l’on scellait pour toujours la porte du tombeau.

INSTITUTIONS POLITIQUES. — L’État égyptien était

une théocratie dont le monarque, chef absolu, recevait le nom protocolaire de « Pharaon » ou « Grande Maison » (per-da) . A l’origine, sa puissance était la conséquence d’une doctrine politique ; le roi était un Horus vivant sur terre, dieu lui-même à l’égal des divinités du ciel ou de l’autre monde. Cette croyance, absolue sous les pharaons de l’Ancien Empire, qui la faisaient enseigner d’autorité aux enfants de leurs fonctionnaires, se nuança sous le Nouvel Empire, après l’épreuve des malheurs de la monarchie : le roi, toujours reconnu de sang divin et par conséquent dieu à ce titre, fut toutefois considéré comme le vicaire d’Amon, pharaon suprême régnant dans les deux, de qui il accomplissait les gestes ici-bas.

C’est par le sang, en effet, que se transmettait la descendance divine : plus d’une fois dans le cours de l’histoire, Amon fut censé

dont on aperçoit au fond les 32 colonnes avec leur architrave.

intervenir en personne pour rétablir, avec la pureté de la race, une légitimité insuffisante ou douteuse ; pour ce motif, un des titres essentiels du protocole royal, la devise «Fils du Soleil», précédait le nom de naissance. Le nom royal, à dater du jour de l’intronisation, s inscrivait dans un cartouche cza. La couronne royale, ou pskhent ^ , rappelait les origines lointaines de 1 État égyptien ; elle se décomposait en couronne blanche ^ ou couronne du Royaume du Sud,

et en couronne rouge ^ ou couronne du Royaume du Nord. Au front du monarque se dressait la vipère sacrée, ou « uréus » ^ gardienne de la majesté royale. Le roi portait comme sceptres le flagellum î' \ et le crochet

Sous l’.Ancien Empire et pendant une partie du Moyen Empire, les rois se bâtissaient, de préférence à toute autre résidence, une ville qui leur fût propre, à proximité du tombeau qu’ils se faisaient édifier sur les limites du désert. Cette cité éphémère, hâtivement construite en matériaux légers, groupait autour du palais royal le logis des courtisans et des fonctionnaires de l’administration centrale. La famille du roi se composait de la reine — seule épouse légitime et participant à la dignité royale — , de la troupe des concubines du harem et des enfants du roi. A la Cour se pressaient les parents, les amis et une foule de chambellans. L’administration royale avait à sa tête le vizir, substitut de Pharaon et gouverneur de la ville royale : au-dessous de lui, deux chanceliers, l’un pour le Midi et l’autre pour le Nord, centralisaient les différents services qui, de la capitale, se ramifiaient jusque dans les bourgades les plus perdues au fond de la province. Les bureaux, dans un pays où la monnaie fut toujours inconnue, où tout s’évaluait et s’échangeait en nature, étaient doublés de magasins : on y entreposait les denrées que l’administration royale percevait comme impôts ou tenait en réserve pour le traitement de ses salariés. Une armée de scribes et de manœuvres, savamment hiérarchisés, assurait le service des bureaux et des magasins.

Dans une monarchie aussi absolue, le choix et l’avancement des fonctionnaires dépendaient uniquement de la faveur royale : le plus humble pouvait accéder aux fonctions les plus hautes. En fait, cette monarchie aima toujours confier au fils, initié dès l’enfance à ses devoirs, la charge du père : elle voyait là un élément de stabilité pour l’État. Mais ce qui fut toujours un fait ne devint jamais un droit : à toutes les époques de l’histoire, les stèles funéraires des particuliers commémorent des fortunes étonnantes, dues au seul mérite sanctionné par la faveur royale. Si, dans le gouvernement des nomes, ou circonscriptions administratives, dont le nombre varia autour de quarante-deux, des familles s’installèrent qui se transmirent héréditairement les charges de père en fils, ce fut toujours en vertu d’une collation expressément renouvelée, pour chacun des cas, par Pharaon : il n’y eut de féodalité véritable en Égypte qu’aux époques troublées, où, par carence du pouvoir central, les dynastes

8 — L’ORIENT CLASSIQUE

Vue générale des ruines de KARNAK. — La salle hypostyle delà XIX^' dynastie, centre de ce monument, est une forêt de 134 colonnes, dont les plus hautes, celles de la nef centrale, s élèvent à 23 mètres.

locaux crurent pouvoir s’arroger quelques débris des prérogatives royales. La monarchie renaissante abolit toujours cette féodalité contraire à la notion fondamentale de l’État.

La doctrine traditionnelle voulait que le roi fût avant tout ici-bas le gardien de la Justice, sur laquelle était fondé le monde, et les fonctionnaires n’étaient que ses délégués dans l’accomplissement de cette mission. « Faire chaque jour la justice qu’aime le roi », tel est le programme que, sur leurs stèles funéraires, les fonctionnaires, à la fois administrateurs et juges, se vantent d’avoir rempli. II est vraisemblable que la « volonté » du roi s’exprimait, dès l’Ancien Empire, par des instructions écrites, dont rien pourtant n’a été retrouvé jusqu’à présent. Le Nouvel Empire a conservé, dans ce genre, des « Instructions au vizir », envoyées par le roi à son dignitaire lors de l’entrée en charge. Ce sont les dispositions de pareils documents, émanés du souverain, et sans cesse renouvelés par lui, que vise très vraisemblablement le mot « loi », qui apparaît à cette époque; l’Égypte n’a jamais connu de constitution délimitant et assurant définitivement, au-dessus de la volonté royale, la condition des institutions et des individus.

VIE SOCIALE ET VIE PRIVÉE. — On a longtemps répété, d’après les auteurs grecs, que la société égyptienne était divisée en castes, dont les principales étaient celles des prêtres, des guerriers et des laboureurs.

Si cette formule définit une situation de fait, elle est loin d’exprimer un état de droit. Les documents hiéroglyphiques de toutes les époques prouvent, au contraire, que tout homme libre, s’il s’en sentait capable, pouvait en théorie aspirer à n’importe quelle carrière: mais la coutume générale, inspirée à la fois par la mentalité de la race et, on l’a vu, par une doctrine de gouvernement, voulait que le fils fût normalement placé dans la situation de son père.

La distinction sociale fondamentale qui régnait en Égypte, comme dans tout le monde antique, était celle de l’homme libre et de l’esclave. L’homme libre dépendait, dans la plupart des cas, de toute une hiérarchie de seigneurs, et il était bon pour sa sécurité qu’il en fût ainsi, l’Égypte ayant toujours conçu un maître comme un protecteur, mais il pouvait avoir recours à une juridiction pour faire valoir ses droits. L’esclave, lui, était la chose de son propriétaire. Des razzias en pays étrangers, Nubie ou Syrie, ou des circonstances adverses qui forçaient des Égyptiens de race à aliéner leur liberté, alimentaient le marché d’esclaves des deux sexes; ces malheureux n’avaient aucun statut juridique, ils ne pouvaient comjrter que sur l’humanité de leur maître, d’ailleurs très réelle. Ce fut seulement au début de la XN'IH" dynastie que la doctrine des « Confessions négatives » étendit jusqu’à eux le bénéfice des devoirs de justice morale.

En fait, la monogamie était pratiquée en Égypte, non par soumission à une (irescription de la loi ou de la religion, mais uniquement parce qu’il était difficile à un homme jieu fortuné de nourrir plusieurs femmes : le roi et les grands seigneurs ne se faisaient pas faute d’entretenir des harems. Sans doute aussi, chez ce peui)le ouvert aux sentiments délicats, une notion jilus affinée de l’amour et une conscience des droits de la femme jilus dévelojijiée que chez les autres jieuples orientaux jioussaient invinciblement vers la monogamie.

1 La femme était mariée jeune, dès l’âge nubile, vers treize ou quatorze ans; elle était considérée comme contractant d’égal à égal avec l’homme et devenait réellement, suivant l’expression égyptienne, sa « maîtresse de maison ». Le mariage n’avait pas de caractère religieux : il était précédé d’une sorte d’union à l’essai, qui durait un an et dont le but était d’éprouver la fécondité de la femme. Si, à l’expiration de ce délai, le contrat de mariage était dûment établi, il était normalemeni: irrévocable et le mari ne pouvait, sans être frappé d’une amende déterminée à l’avance dans le contrat, répudier son épouse. Les généalogies conservées sur les stèles prouvent que les familles égyptiennes étaient prolifiques.

L’Égyptien des classes aisées avait un grand souci de la propreté corporelle. Il recourait à des ablutions fréquentes ; en particulier, avant et après les repas, il faisait usage de ce « lave-mains » et de ce « rince-bouche » que nomment et représentent les monuments. Il se rasait soigneusement la barbe et les cheveux, quitte à porter dans la vie de société une perruque et même, aux temps les plus anciens, une barbe postiche, qui était restée, à l’époque historique, dans le costume royal. Il ne se vêtait que d’étoffes de lin, fraîchement lavées, blanchies ou teintes, au Nouvel Empire, de couleurs tendres.

Il est facile de reconstituer, d’après les fouilles, l’aspect d’une ville égyptienne. Les quartiers populaires pressaient leurs petites maisons de briques crues, réduits obscurs, autour de rues étroites. Les villas des personnages riches, isolées de la rue et précédées d’un portique à colonnes, étaient généralement entourées d’un jardin, planté d’arbres d’agrément et rafraîchi par un bassin; souvent un potager ou un vignoble aux treilles en berceaux s’étendait derrière le logis. L’intérieur de ces maisons opulentes comprenait quelquefois jusqu’à deux étages: le rez-de-chaussée était réservé aux magasins où l’on serrait la richesse en nature, la seule que connût jamais l’ancienne Égypte; les étages servaient de logis au maître et étaient luxueusement meublés de nattes pour dormir ou de lits de repos avec leur chevet et leurs coussins, de fauteuils, de guéridons, de coffres pour le linge, sans compter toute cette orfèvrerie d’or et d’argent que mentionnent les textes antiques et qui est représentée avec un orgueil jaloux sur les monuments.

Page 1