AGRICULTURE, INDUSTRIE, COMMERCE
L’Égypte fut, de tout temps, un pays de production agricole intense. D’un bout à l’autre de la vallée, le terrain conquis par des générations sur les marécages du Nil fut utilisé jusqu’à la dernière parcelle. Le régime même du fleuve dictait les conditions du travail : de juillet à octobre, la plaine, reposant sous les eaux, laissait quelque répit aux paysans; mais, dès que le fleuve était rentré dans son lit, il fallait au plus vite ensemencer pour faire produire au terrain, fertilisé par le nouveau limon, deux et même, suivant les endroits, jusqu’à trois récoltes par an. Il fallait aussi, pendant le cours de l’année, pour combattre l’assèchement excessif causé par le climat torride, puiser l’eau dans les canaux d’irrigation et la faire monter dans les terrains cultivés au moyen de ces machines élévatoires primitives que sont encore aujourd’hui le chadouf et la sakieh.
Les grandes cultures de la vallée du Nil, célèbres dans toute l’antiquité, furent celles des céréales et du hn. La Thébaïde était renommée pour ses vignes.
Les auxiliaires-nés du paysan, les animaux domestiques, ânes qui transportaient ses fardeaux, boeufs qui piétinaient sur l’aire, chèvres, moutons et porcs qui passaient derrière le semeur pour recouvrir le grain, logeaient à côté de lui, dans des étables, avec ces antilopes que l’Égyptien n’a jamais renoncé à apprivoiser. La basse-cour comjitait des oies, des canards, des grues, des hérons et des tourterelles; un rucher comjilétait souvent les ressources alimentaires que le camjiagnard tirait de ses animaux domestiques.
La [lopulation industrielle se concentrait dans les villes et dans les bourgades. Elle se composait d’ateliers d’esclaves, de corpora-
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