‹ Histoire Générale des peuples de l'antiquité a nos joursChapitre 195 sur 344 · I. ^ tl I-.JVW* » H · texte numérisé non relu

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ACTE SCELLÉ DE VINGT-SEPT SCEAUX, DAIANT DU I*' DECEMBRE 1328. Akcuives \ .imwt.t.A. mi si i. mirim. 2!i. \'> p.l’j,

A cette date, les nobles et le « commun » de Picardie (Vermandois, Beauvaisis, Artois, Ponthieu) forment une ligue et une alliance avec ceux de Champagne et de Bourgogne, pour protester contre les impôts, tailles, exactions et mutations de monnaies et s’opposer aux tendances absolutistes de la royauté Philippe le Bel était mort la veille (L’acte, sur parchemin, est scellé de vingt-sept sceaux, pendant sur lacs de soie verte, des nobles de Picardie,)

chaux et sénéchaussées. Ainsi se trouve reconstitué le fonctionnarisme détruit par l’évolution féodale. Désormais, le pouvoir royal aura, sur place, des agents dociles et dévoués. D’autre part, saint Louis préside à l’évolution décisive qui, de la cour, fait sortir les grands corps de l’État renaissant. Son désir de justice lui fait concevoir le Parlement, qui n’est à son point de départ que la commission judiciaire de la cour. Déjà, les nobles se sont désintéressés de la justice du roi; ils ont laissé le champ libre à des clercs et chevaliers. La composition du Parlement est d’ailleurs, au début, assez fluide; mais, déjà, un président apparaît : Geoffroy de la Chapelle, en 1252; puis, l’institution se précise, un greffe permanent s’établit, qui rédige le premier recueil d’arrêts, connu sous le nom d’Olim. La commission financière de la cour se constitue aussi comme individualité; elle siège au Temple, qui joue le rôle de banque de dépôt, et elle devient la Chambre des Comptes sous Philippe le Bel.

Après le détachement du Parlement et des Comptes, ce qui reste de l’ancienne compétence de la cour, c’est-à-dire la fonction proprement politique, revient au conseil du roi. Tandis que les grandes assemblées de cour sont tombées en désuétude ou devenues exceptionnelles et purement décoratives, les véritables Intérêts de la couronne sont réglés par des conseillers que le roi recrute comme il veut; après les clercs et chevaliers, c’est le tour des légistes que pousse en avant la renaissance juridique : l’institution ministérielle est en germe dans la puissance croissante de ces hommes de confiance de la monarchie.

Plus on avance, plus la cohésion se fait sentir, plus la centralisation s’accuse. Les scrupules de saint Louis y contribuent. Il contrôle étroitement les baillis et il crée les enquêteurs royaux. L’idée n’était pas neuve, puisqu’elle avait inspiré les missi à Charlemagne et les juges itinérants aux rois anglais. Mais l’originalité de saint Louis a été de songer moins à la sauvegarde des prérogatives gouvernementales qu’à la garantie des droits des sujets. Partant pour la croisade, le saint roi veut avoir sa conscience en repos (1274) ; il charge d’enquêter non des membres du conseil, mais des religieux, cordeliers ou dominicains, « pour les torts faits amender et faire droit à chacun ». Une nouvelle promotion d’enquêteurs précède le départ pour Tunis, et, désormais, l’inspection est régulière. Les rouleaux d’enquêtes, qui ont été conservés, montrent les caractères de la mission : ce sont, en même temps, des documents de premier ordre pour l’étude des mœurs. Mais l’institution a déjà évolué. Aux moines enquêteurs sont adjoints des collègues, clercs ou laïques. Après saint Louis, les enquêteurs sont des membres de la cour; le souci de sauvegarder le droit royal l'emporte sur celui de garantir les populations. Ainsi l’esprit de centralisation domine tout : les institutions comme les remaniements territoriaux tendent vers l’unité.

La monarchie est en progrès, et pourtant les premières années du XIV*^ siècle voient éclore les États, institution qui semble annoncer un contrepoids à l’autoritarisme royal. Pour avoir un point d’appui contre le pouvoir théocratique, Philippe le Bel a appelé les ordres de la nation à participer aux affaires; pour consolider leur pouvoir et établir un principe successoral, les derniers Capétiens ont multiplié ces réunions. Une représentation vague encore et fragile, mais pleine de promesses, s’esquisse à la fin de cette époque capétienne dont tout l’effort allait, par ailleurs, à l’exaltation de la royauté.

ÉTAT DE LA FRANCE AU DÉBUT DU XIV; SIȬ CLE. — C’est qu’en réalité, si grande qu’ait été l’activité capétienne, d’autres facteurs que le progrès de la royauté avaient contribué à fixer la physionomie de la France au début du XIV’ siècle, et ce sont ces traits, qu’en terminant ce chapitre, il convient de coordonner.

Tous les textes sont d’accord pour nous peindre la France de cette époque comme un pays plantureux, bien cultivé, riche et '•lant. Une population d’environ vingt-cinq millions d’habitants vivait sur son sol, très disséminée d’ailleurs, car sauf Paris, qui comptait quelque trois cent mille âmes, aucune des « bonnes villes » du roi n en atteignait cent mille. La population rurale était donc beaucoup plus dense qu’aujourd’hui. Le commerce et l’industrie étaient loin de leur développement moderne. Les métiers locaux suffisaient, ou peu s’en faut. On se procurait aux foires matières premières et objets de luxe. La richesse principale était l’agriculture. Au reste, classes laborieuses, urbaines ou paysannes avaient bénéficié, depuis le haut Moyen âge, d’un large accroissement de bien-être. Avec la Flandre, Paris se distingue comme centre de métiers et place de commerce. Capitale de la vie chevaleresque, centre du gouvernement, foyer intellectuel grâce à son Université, Paris, métropole économique.

achève de s’affirmer. L’opinion publique est déjà surtout une opinion parisienne : c’est la bourgeoisie de Pans que les derniers Capétiens viennent d’évoquer à la vie politique. Sans doute, ces débuts du tiers État, fruits de l’ascension sociale et de la prospérité matérielle, sont encore bien modestes; mais le recul de l’histoire en fait ressortir toute la signification. Par-dessus une noblesse dénuée de sens politique et peu à peu dépossédée de ses droits de classe dirigeante, la royauté et le peuple se sont reconnus et vont l’un vers l’autre. La forte armature nationale, forgée par les rois du Xll'^et du XIII® siècle, révélera l’excellence de sa trempe lors des épreuves qu’annonce la date de 1 328. Alors apparaîtra en pleine lumière tout ce que l’avenir doit au labeur capétien : non seulement les premiers linéaments de l’unité territoriale en voie de reconstitution, mais aussi les semences de l’unité morale, rien de moins, en fin de compte, que les éléments vitaux de l’unité nationale.

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