III. L’ANGLETERRE ANGLO-SAXONNE ET NORMANDE
LES ANGLO-SAXONS. — L’Angleterre, qui a joué un rôle capital dans l’histoire du monde, est le produit d’une quadruple fusion. L’île, que les Grecs et les Romains appelaient Albion et Prétonique (en latin Brilannia) , fut conquise, au milieu du V® siècle, par des peuples germaniques : Saxons, Jutes et Angles, lorsque Rome l’eut abandonnée. A la première fusion celto-romaine vint s’en ajouter une deuxième, anglo-celte. La conquête anglo-saxonne triompha de la résistance celtique; mais les Kymris, c’est-à-dire les enfants du pays et les maîtres du sol, ne pardonnèrent jamais aux envahisseurs la lutte qu’ils menèrent pendant près de deux siècles contre la race bretonne : la haine toujours vivace des Gallois, des Irlandais et des Écossais sera, pendant le Moyen âge, un obstacle permanent à la réalisation de l’unité territoriale.
Déchirés par des rivalités, les peuples et les royaumes anglosaxons furent impuissants, malgré des efforts répétés, à réaliser l’unité dans l’île. Aussi bien fut-elle une proie facile pour les Danois et les Norvégiens, qui la conquirent au X® siècle et y dominèrent au
Miniature anglo-irlandaise des Évangiles de Lindisfarne (vu" siècle .— British Muséum, Cotton. Ms. Nero D IV, f“ 26 v".
LE HAUT MOYEN AGE
début du XI*', faisant de l’Angleterre une dépendance de l’Empire Scandinave : au XII*^ siècle, on appelait encore Danelagh, Danclaw, Danorum provincia, tout un ensemble territorial qui comprenait seize comtés. Entre les Scandinaves et les Anglo- Saxons, il n’y eut pas fusion forcée, mais assimilation véritable ; ce ne fut pas seulement une conquête, mais une œuvre de colonisation. Vainqueurs et vaincus étaient de même souche, ethnique et linguistique; et c’est pourquoi la fusion
Saint Dunstan, qui fut archevêque de Cantorbcry, rapide, pourquoi
écrivant son Commentaire sur la règle de Saint- ^ occupation scancil- Benoit. (Miniature du Xlli^ siècle.) — British Muséum. nave laissa des traces Ms. 10 A XIII. f° 2. verso. durables dans la lan¬
gue et dans les institutions britanniques. En 1 066, par droit de conquête, un duc de Normandie devint souverain anglais. La conquête normande bouleversa l’état politique, économique et social d’un pays à la fois celtique, anglo-saxon et Scandinave. Elle transforma la propriété foncière : une féodalité continentale se substitua à la féodalité insulaire. Mais il se produisit, peu à peu, une nouvelle fusion, d’où sortit finalement l’Angleterre moderne. Guillaume le Conquérant et ses successeurs furent les premiers pionniers de cette unité, qui tendait à transformer en nation deux peuples si différents.
Tâche ingrate et difficile, que les dynasties normande et angevine réussirent à accomplir pleinement, puisque, selon l’auteur du Dialogue de r Échiquier, qui écrivait un siècle après la conquête, « les deux peuples étaient si profondément mélangés qu’il était à peine possible de discerner un Anglais d’un Normand ».
Depuis la conversion des Anglo-Saxons au christianisme jusqu’à la conquête normande, des guerres continuelles brisent les cadres éphémères de l’heptarchie, qui se réduit à trois groupements à peu près stables : la Northumbrie au nord; la Mercie au centre; au sud, le Wessex, qui absorba les royaumes de Kent et Sussex.
La Northumbrie exerça la première l’hégémonie. Sur son territoire se bâtirent les monastères les plus renommés : Lindisfarne, le Cluny britannique, Wearmouth, et surtout Jarrow, illustré par Bède le Vénérable, qui a été, au début du VIII® siècle, le plus pur et le plus brillant représentant d’une civilisation dont l’éclat atteste la persistante vitalité de la tradition latine. Un des rois de Northumbrie fit ériger le diocèse d’York en archevêché, sans enlever le rang de primat à l’archevêque de Cantorbéry.
A la fin du VIII® siècle, la Mercie devint prépondérante avec Offa (757-786). Ce roi passe pour avoir été l’ami de Charlemagne, pour être allé à Rome. Afin de rendre plus aisée la police de la frontière galloise, il creusa, de la mer d’Irlande au canal de Bristol, la digue d’Offa. C’est peut-être ce travail de terrassiers qui a le plus contribué à perpétuer son souvenir.
Cependant le Wessex grandissait. 11 absorba définitivement le royaume de Kent, et,
par conséquent, profita du prestige de Can- f-E ROi Knut et la torbéry. Au IX' siècle, le glissement de la croix d'or sur le grand preiionderance du nord au sud est achevé. reloge de l'abhaye et XX’inchester ■ ?t devenue la capitale d’Angle- British Muséum.
terre. Le Wessex eut alors deux grands rois : Egbert ouvre le IX® siècle, Alfred le ferme.
Egbert était un adeling du Wessex, c’est-à-dire qu’au moment de sa naissance son père était roi. Offa l’avait obligé à quitter l’Angleterre. et Charlemagne l’avait accueilli.
En 802, il rentra victorieux, se fit élire roi de Wessex, puis domina les autres rois.
Poir achever l’œuvre d’Offa, le refoulement des Celtes dans les montagnes du pays de Galles, il s’empara de l’île
de Man, annexa la roi Edgar, entre la Vierge et saint Pierre,
Cornouailles et for- offre au Christ la charte de fondation (966) de tlfia la digue qui l’abbaye de Newminster, à Winchester. — British marquait la limite II Muséum, Cotton. Ms. VespasianAVIII,f°2. verso.
prit le titre de roi des
Anglais, rex Anglorum, que nous lisons sur ses diplômes. Malheureusement, c’est sous son règne que commencèrent les invasions danoises, et ce fléau sévit pendant trois siècles. On en divise l’histoire en trois périodes :
1® Tout d’abord, de 787 à 855, les Danois ou Northmans procèdent par surprise; mais ils ont le plus souvent préparé leurs coups par l’espionnage de vagabonds cauteleux ou de loups de mer se donnant pour de pauvres pêcheurs entraînés par la tempête. Le pillage est leur mobile. Ils s’attaquent aux monastères et aux domaines isolés; ils énervent la résistance par leur férocité. Cette tactique réussit d’abord; puis la défense s’organise. Les bandits sont souvent pris et traités sans pitié : témoin Ragnar Lodbrog,
dont les exploits aboutirent à sa mort dans la fosse aux vipères.
2° Dans la seconde période (855-897), les pirates s’installent dans une île ou une presqu’île facile à défendre, puis rongent les territoires voisins. Ils occupent la Northumbrie et la Mercie, mais non le Wessex. Alors paraît Alfred le Grand (871-901), le héros national. Les Danois sont refoulés et, par la paix de Wedmore (878) , leur roi Guthrun signe une trêve dont les articles furent à peu près observés. Une partie de l’Angleterre, le Danelagh, reste aux Danois, et leur souvenir s’est perpétué par les noms géographiques (désinences en by et en ihorpe) . Il fallut leur payer tribut; de là, un impôt qui leur survivra : le Danegeld.
Cette paix, chèrement achetée, fut bien employée. Alfred n’a pas été grand seulement (rar les armes. Son règne est une époque de reconstruction. Ses lois donnèrent aux Anglais un sentiment de patriotisme et de confiance; ses travaux littéraires eurent une action décisive sur la langue elle-même; il créa une marine et une organisation militaire.
A cette époque, l’autorité royale s’est fortifiée. Le roi est choisi par un conseil, le witenagernoi, et sacré par l’archevêque de Cantorbéry ; mais, en réalité, ce choix est limité, et souvent l’acclamation et le sacre ne font que reconnaître un maître qui s’impose. Sans doute, une fois sacré, le roi n’est pas absolu, et les décisions graves se prennent REINE Aelgyfu placent la en conseil, mais la volonté du souverain ren-
autel de 1 abbaye de New- l’adhésion des mem-
(U apres un dessin du marty- , , ^
datant de 1016-1020.) — présents.
Slowe. Ms. 944, f ' 6. Au irremier rang de la société nouvelle se
distinguent les ealdormen, en petit nombre, et les comtes ou earls. Déjà s’ébauchent les institutions dont s’enorgueillira l’Angleterre : dans le cadre du comté ou shire, de la centaine ou hundred, enfin du village ou lownship (paroisse) , les hommes libres sont convoqués à intervalles plus ou moins réguliers; on leur notifie les ordres d’en haut; ils aident à rendre la justice. Nous distinguons parmi eux le thegn, qui deviendra le seigneur ou lord, et, autour de lui, les hommes libres rangés en diverses catégories. Au dernier échelon sont les esclaves ou les serfs. La population urbaine est peu nombreuse. Elle atteindra à peine 200 000 âmes à la fin du XI® siècle. Sauf Londres et York, il ne restait rien des cités romaines. Winchester, la capitale du Wessex, heu de passage pour le gouvernement nomade, avait peu d’habitants et ne prenait de vie qu’aux jours de couronnement. Pourtant, une vingtaine de centres attirent commerçants, artisans, pêcheurs ou pèlerins et battent monnaie : le plus peuplé, Londres excepté, n’avait pas 1 0 000 âmes.
Les héritiers d’Alfred le Grand, trouvant leur royaume de Wessex trop exigu, cherchèrent à l’agrandir. L’un d’eux, Athelestan, son petit-fils, se posa en empereur du Nord : il maria ses nombreuses soeurs aux rois les plus puissants de l’époque ; Charles le Simple, Hugues le Grand, le futur empereur Otton. Il entreprit de soumettre la Northumbrie et gagna la sanglante bataille de Brunanburh (937) [ 1 ] , qui serait oubliée si un poète du temps ne l’avait célébrée dans une ballade que Tennyson a rajeunie. La grande influence qui domine alors est celle de saint Dunstan, archevêque de Cantorbéry, réformateur de la discipline ecclésiastique, bon orateur, musicien, expert, comme le fut presque en même temps le Français Gerbert, dans les arts mécaniques.
3° De 1002 à 1042, les invasions danoises recommencent. Le roi Ethelred l’Irrésolu ayant fait massacrer les Danois qui pullulaient dans toute l’île (12 novembre 1002), le roi de Danemark, Suénon à la barbe fourchue, en tira vengeance et réunit à ses États les îles Britanniques (1013). Il eut pour fils Canut le Grand (1016-
I 046) . C’est une curieuse figure que celle de ce héros légendaire.
II s’inspire de Byzance jusque dans son protocole; il prend le titre de basileus; il s’entoure d’une pompe imitée des Grecs, dont il a parfois la finesse; il aime les voyages et va à Rome. Comme les empereurs du IV® siècle, il organise ses États en une tétrarchie, dont l’Angleterre est la pièce essentielle. Il épouse une Anglaise et prend pour vicaire, dans le Wessex, Godwine, le chef national des vaincus. Aussi son règne, sanglant au début, se termine-t-il dans le calme. A sa mort, Godwine restaure en Angleterre la famille d’Ethelred, qui s’était réfugiée en Normandie. Édouard le Confesseur est son protégé, et, ce faible roi n’ayant pas d’enfants, d’ardentes rivalités guettent sa succession. Après la mort de Godwine, en 1053, les Anglais se groupient autour de son fils, Harold; mais un parti français favorise Guillaume de Normandie.
LA CONQUÊTE NORMANDE. — Le «roi moine»
Édouard le Confesseur mourut le 6 janvier 1 066. Quatre prétendants revendiquaient sa succession ; son cousin, Edgar; le Scandinave Harald Hardrade, le Normand Guillaume le Bâtard, enfin Harold. Ce dernier était sur place. Populaire et puissant, il prétendit que le roi, à son lit de mort, l’avait désigné : des témoins l’affirmèrent, le witenagemot l’acclama, et le lendemain, à Westminster, il fut couronné par l’archevêque d’York.
(I> Sans doute Brunswork (comté de Dumfries).
Sceau d'Édouard le Confesseur (1043-1066). — Le roi est représenté assis sur son trône, tenant de la main droite le sceptre et de la main gauche le globe. 11 a de fortes moustaches et la barbe en pointe. La légende inscrite au droit, comme au revers, est curieuse : « Sceau d'Édouard, Basileus des Anglais ». (Sigillum Eadwardi Anglorum Basilei).
ÉDOUARD LE CONFESSEUR à cheval accompagné d un serviteur; à droite, Aelfthryth, sa belle-mère. — British Muséum. Ms. 2 B Vil. 245 (flnduXllI® siècle).
Guillaume protesta. Le pape Alexandre, pris comme juge, excommunia Harold et envoya à son rival un étendard bénit.
Dans toute la France de l’Ouest se crie le ban de guerre; au pays d’Auge affluent les chevaliers, à qui des terres sont promises. Harold court d’abord au nord pour barrer la route à Tostig, son frère, qui le trahit et qui vient de débarquer à l’embouchure du Humber. A Stamfordbridge, le 25 septembre, les intrus sont exterminés. Mais grâce à cette diversion, le Normand, arrivant à Pevensey, s’empare de Hastings, dont le port est plus sûr, et se fortifie en attendant Harold, qui, trop fier de sa victoire récente, a le tort de ne pas grossir son armée. Alors s’engagea, le 1 4 octobre 1 066, la mémorable bataille de Hastings, ou, plus exactement, de Senlac. La force des Anglais, c’était la garde, les housecarls, hommes magnifiques maniant la pesante hache et le bouclier; celle des Normands consistait en une belle cavalerie, armée de lances et de fortes épées, et en excellents archers. Harold se tint sur la défensive, et pendant une longue journée repoussa tous les assauts. Le bruit courut que Guillaume était tué. Celui-ci se fit alors voir à visage découvert, arrêta la débâcle, et, comme les flèches de ses archers s’émoussaient sur les boucliers ennemis, il donna l’ordre de tirer par-dessus : Harold eut un œil crevé. Enfin, une partie des assaillants fit mine de fuir. Pour les poursuivre, les Anglais abandonnèrent leurs rangs et tombèrent dans une embuscade. Alors commença un massacre où la noblesse anglaise périt avec son roi.
Quelques semaines suffirent pour isoler Londres, quelques incendies pour le terrifier, quelques promesses pour le séduire. Dès Noël, le vainqueur, élu par un simulacre de witenagemot, fut couronné à Westminster : il était roi d’Angleterre.
Le plus dur restait à faire : il fallait réduire le Nord, où dominait l’élément danois et où le roi d’Écosse, Malcolm, soutenait l’adeling Édouard; il fallait soumettre l’Ouest, où Exeter s’était insurgé. Guillaume y gagna son surnom de Conquérant, donnant aux siens des leçons de bonne humeur et d’énergie, comme dans cette marche forcée où il travailla de ses mains à frayer un chemin dans la neige. De 1067 à 1071, il courut d’un ennemi à l’autre, négociant en même temps qu’il bataillait; la dernière campagne fut celle de
Sceau de Guillaume le Conquérant. — Au droit, type équestre il est représenté portant la lance et l'écu, sur un cheval galopant. Au revers, type de majesté : le roi, couronné et assis sur son trône, tient ae la main droite une épée ; de la main gauche, une croix pattée fichée. 11 est représenté avec le ventre proéminent, I’k abdomen pendulum », dont se moquait le toi de France.
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les clefs de la ville. A remarquer que les soldats mettent le feu avec des torches au donjon, qui est de bois (Broderie de Bayeux). i i . Nu khk.in.
1071, OÙ tomba le Camp du Refuge, dans l’île d’Ely. A partir de ce moment, à part la rébellion des comtes normands en 1075, réprimée par l’archevêque Lanfranc, l’Angleterre est soumise.
Guillaume rencontra les dernières résistances dans sa propre famille (1082). Son frère utérin, Eudes, évêque de Bayeux et comte de Kent, le brava en plein conseil, et le roi donna l’ordre de l’arrêter : personne n’osait. Alors, Guillaume le saisit de ses fortes mains... « Mais je SUIS clerc et évêque! — Ce n’est pas l’évêque, c’est le comte de Kent que j’arrête! » riposta le roi. Et il le garda en prison jusqu’à la fin du règne. L’Angleterre jouit alors d’une paix profonde. L’apogée de la puissance de Guillaume fut cette prodigieuse assemblée de Salisbury (Noël 1086), où 60 000 grands et petits vassaux prêtèrent serment et où fut promulgué le Livre foncier dit Domesdaybook. Mais, blessé grièvement au sac de Mantes (15 août 1087), Guillaume fut porté à Rouen, où il mourut détesté en raison de son âpreté fiscale et de ses lois sur la chasse. Ses successeurs le firent vite regretter.
Guillaume L'' fut aussi un homme d’État de premier ordre, qui sut fondre le génie, les institutions anglo-saxonnes et les lois normandes les unes dans les autres. Ainsi, tout en protégeant les Normands — spécialement par la loi d’ « anglaiserie » ■ — il laissa aux Anglais le prestige de la tradition, si puissant pour eux, mais en même temps les adapta à un régime d’ordre et de progrès que les États voisins s’efforceront d’imiter.
Les comtés sont conservés. La plupart ont encore à leur tête un comte, chef féodal et riche propriétaire. Mais le vrai représentant du roi est le shériff, comptable des deniers royaux, magistrat judiciaire et administratif, chef des travaux publics et même de la milice. Le royaume, au point de vue religieux, reste divisé en diocèses, dont le siège est presque partout transféré au chef-lieu du comté. Les évêques anglais sont remplacés par des Normands ou des Italiens; Lanfranc, abbé du Bec, est appelé au siège de Cantorbéry et fut le collaborateur intime du souverain. Les monastères deviennent des foyers de vie intellectuelle qui entretiennent des relations constantes avec le continent. Le célibat est imposé aux clercs; les réguliers sont préférés aux séculiers. Mais, déjà, s’amorce la séparation des deux juridictions laïque et ecclésiastique, dont les prétentions rivales vont causer tant de désordres. Grégoire VII prétendit imposer au roi un serment d’allégeance; or les rois saxons ne l’avaient pas prêté : Guillaume refusa.
Les villes et bourgs avaient reçu des libertés particulières. Le roi
S( CAU DK Hk.SHY 11. ROI D ASGLETKKRE. — La légende du revers, « Henry, par la grâce de Dieu, duc de Normandie et de Guyenne, comte d’Anjou », montre 1 étendue de cet Empire plantagenét qui s'accrochait hostile et menaçant aux flancs
de la h rance capétienne.
La CONQUÊTE DE l’AnGLETERRE PAR LES NORMANDS : avant le choc décisif, Guillaume, duc de Normandie, exhorte ses soldats à se préparer à combattre avec courage et prudence (Broderie de Bayeux). Ce. Nciudei.n
les confirma ; mais il fit construire, au chef-heu du comté le plus souvent, un solide château, imposant spécimen d’architecture normande, dont l’emplacement fut fourni par la démolition de toute une partie de la cité.
Enfin, l’institution du witenagemot fut rendue périodique. Trois fois par an, à Pâques, à la Pentecôte et à Noël, autant que possible, furent convoqués les grands barons et les prélats, principalement à Winchester, à Gloucester et à Londres. Les lois y furent promulguées, les grandes décisions annoncées et, dans des salles immenses, le roi Guillaume, couronne en tête, présida à de cordiales agapes, où furent servis les pièces de venaison venant de ses forêts, les quartiers de bœuf de la joyeuse Angleterre, et où coulaient à flots les vins de France.