‹ Histoire Générale des peuples de l'antiquité a nos joursChapitre 275 sur 344 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

PLACÉE à la rencontre des continents d Europe et d’Afrique, que sépare ici seulement l’étroit canal de Gibraltar, l’Espagne a été, dès la plus haute antiquité, comme le carrefour où se sont trouvées en contact les races indo-européennes et sémitiques. Ses plus anciens habitants connus, les Ibères, débordèrent en dehors de la péninsule pyrénéenne, dans le sud de la Gaule, le nord de 1 Italie, et occupèrent même la Sardaigne et la Corse.

.Après avoir détenu le monopole du commerce avec les tribus d’Espagne, les Phéniciens le perdirent au Vtl® siècle, lorsqu’ils durent abandonner aux Grecs d’Asie la côte orientale. Puis, aux influences phénicienne et hellénique, celle-ci de beaucoup la plus importante, s’ajouta, à partir du Vf-' siècle, celle de tribus celtiques venues du nord. On a parlé d’un peuple celtibère, sans qu’on puisse savoir s’il y eut vraiment une fusion ou simplement une fédération des deux races. Ce qui n’est pas douteux, c’est que l’intervention de Carthage dans les affaires d’Espagne lui donna l’héritage de Tyr, et que la grande cité marchande, après sa défaite, chercha une compensation dans la péninsule en se faisant conquérante; mais elle se heurta de nouveau aux armées de Rome, et c’est le siège de Sagonte qui provoqua la seconde guerre punique. Par le traité de Zama (201 avant J.-C.), Carthage dut renoncer à toute prétention sur l’Espagne. Celle-ci,

pour six siècles, devint romaine, et si, au cours des deux premiers, l’esprit d’indépendance des peuples soumis résista à l’emprise des vainqueurs, l’Espagne se latinisa par la suite plus qu’aucune autre province de l’Empire; elle donna à Rome des écrivains, comme les deux Sénèque, Martial, Lucain, Quintilien, Columelle, et deux empereurs, Trajan et Adrien. Des ruines imposantes attestent encore la prospérité du pays sous la domination romaine.

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